Festival de la BD

3ème édition

Auteurs Festival 2017 : Serge Carrère

 

Serge Carrère sera présent en dédicace au Festival de la Bd de Wattrelos les 7 et 8 octobre prochains.

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Ben oui, ça fait déjà 25 ans ! Et en septembre, 25 tomes de Leo Loden. Vous ne les avez pas vus passer ? Pas étonnant, tant Arleston et Serge Carrère ont su faire évoluer leur personnage avec nous. Léo vapotte, Marlène va accoucher…

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On pouvait se dire à la sortie du tome 24 (Les cigales du Pharaon) que la vie de Léo allait sacrément changer avec cet heureux évènement. La couverture du tome 25, que Serge Carrère viendra nous présenter au Festival de la Bd de Wattrelos les 7 et 8 octobre prochains nous plonge en plein mystère…

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Léo Loden est une série comme il en existe peu dans le monde de la Bd, qui allie longévité et nouveauté, classicisme et modernité. On a l’impression d’avoir toujours connu les polars humoristiques de Serge Carrère et en même temps, il arrive à nous surprendre à chaque tome. Serge Carrère se définit lui-même comme un « boulimique de travail ». Il dessine deux séries (Léo Loden et Achille Talon) et en scénarise deux autres (Les Elfées et L’Ecole Crinoline). Comme il le précise avec humour : « Je suis scénariste pour des copains dessinateurs, dessinateur sur des scénarios de copains scénaristes… ». Mais quelle que soit la série sur laquelle il travaille, c’est un succès et … elle dure !

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Petit retour sur sa carrière : Serge Carrère est né à Toulouse en janvier 1958. Après des études scientifiques et un rapide séjour en faculté d’arts plastiques à Aix-en-Provence, il décide que son avenir ne peut se situer ailleurs que dans la bande dessinée. En septembre 1983, il signe son premier contrat avec les éditions Milan, à Toulouse, pour »Une aventure de Coline Maillard », d’après un scénario de Patrick Cothias. Suivront deux épisodes de « Rémi Forget » sur des scénarios d’Alain Oriol. Carrère collabore ensuite à plusieurs magazines : ‘Mikado’, ‘Circus’, ‘Pif’ et ‘Spirou’, dans les pages duquel il anime les gags de « SOS véto », une série imaginée par Thierry Faymonville. Soleil Productions lui propose alors travailler avec le scénariste Arleston sur la série « Léo Loden ». Chez le même éditeur, il signe « Private ghost », un polar teinté de fantastique imaginé par Didier Crisse.

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En alternance avec « Léo Loden » et en collaboration avec Weissengel, Serge Carrère cosigne les scénarios de la série « Les Elfées » dessinée par Dollphane et publiée par Dargaud, ainsi que les chroniques de « L’école Crinoline » illustrées avec talent par Grégory Saint-Félix pour le mensuel ‘Manon’ et repris en album (Milan).

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En 2014, Serge, au côté de Fabcaro au scénario, se lance dans la reprise d’une des séries phares de ‘Pilote’ : « Achille Talon ». (source Bedetheque.com).

Même avec sa notoriété, son talent, reprendre Achille Talon était quand même un sacré défi. Serge explique ce qui lui a plu dans le projet : « Ce qui m’a séduit dans la proposition de cette reprise, c’est l’axe général demandé pour la série. À savoir, jouer vraiment sur le « décalage » entre Achille Talon et le monde actuel des années 2010 et plus. On ne m’a pas demandé de faire du Greg graphiquement, mais de conserver mon dessin, ce qui est plus simple pour moi . »

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Il y avait déjà eu des tentatives de reprise du célèbre héros de Greg. Sans succès. Mais le talent de Serge Carrère, et du scénariste Fabcaro, qui ont su tout deux rajeunir le style de la série, a fait mouche. De l’avis général, Achille Talon a enfin réussi son grand retour.

Bon, vous l’avez compris, c’est un grand Monsieur de la Bd que nous allons accueillir au Festival de Wattrelos. Et en plus pour fêter le 25ème tome de Léo Loden.

Message personnel : Monsieur Carrère, je voulais faire un gâteau pour fêter ça et je me suis entraînée dur, mes compétences culinaires se limitant à peu près à la cuisson de l’œuf dur. J’ai voulu tenter ça…

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Mais après trois plats brûlés et inutilisables, je renonce. Je demanderai conseil à Brigitte, votre épouse, auteur de « La cuisine des Sisters » et qui sera également présente au Festival.

Corinne


Pourquoi j’aime Margot de Garine…

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Margot de Garine, c’est l’aventurière sans foi ni loi de L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, la série de notre invité d’honneur, Paul Salomone. C’est l’héroïne de la série. Oui oui, j’ai bien dit l’héroïne, en dépit du titre, en dépit des couvertures mettant odieusement Byron en vedette.

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Margot de Garine, c’est pour moi un savant mélange de Scarlett O’Hara, de Rastignac et des Pétroleuses. Scarlett, pour sa détermination à vouloir être une femme indépendante mais aussi pour son art de la manipulation, Rastignac dont elle a la même détermination pour la réussite à tout prix et les Pétroleuses… eh bien pour la référence Western parodique of course. Mais aussi parce que c’est « un » bandit comme Louise et Maria, et pour l’ascendant  que les deux héroïnes ont sur les hommes.  Vous l’avez compris. Avec Margot de Garine, on tire un trait sur les personnages féminins sans épaisseur de la majorité des bandes dessinées « Western ».

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Que sait-on d’elle ? Peu de choses. Dès le premier tome, elle tient à préciser ses origines ; elle n’est pas une yankee, son père était officier du tsar Nicolas II et sa mère est née à Paris. D’où son patronyme, porté d’ailleurs par plusieurs acteurs russes. Et actrice, elle l’est ! Dans le tome 2, elle explique que petite, elle a reçu « l’affection » de l’église lorsqu’elle petite et qu’elle en garde de jolies traces sur le dos… Peu d’indices sur son passé donc, mais les auteurs nous laissent un espace pour imaginer un passé qui appelle à la vengeance, qui exige une revanche.

Petite revue de ses… « qualités »…

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Elle est sans pitié. Dans le tome 1, elle demande au jeune benêt Tim « Pretty face », d’achever – c’est le terme qu’elle emploie – son mari et son amant… Mari et amant qui la décrivent d’ailleurs comme « la femme la plus démoniaque et avide de toute l’histoire de l’humanité »… Et ni Byron , ni Hoggaard ne se privent tout au long de la série de l’appeler : « la salope ». J’adore la planche de la page 57 du tome 4, qui résume Margot à elle seule. Subtile dernière case où l’on voit les bottines de Margot passant devant Byron couché et blessé. Où on la découvre aussi rassurant le petit Burt ; seuls les enfants trouvent grâce à ses yeux.

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Elle est avide. Au début du tome 2, Margot s’épanche sur ses griefs envers Byron. Son unique désir : avoir beaucoup d’argent et ne plus vivre dans une maison où « il n’y a qu’une seule salle à manger ». Elle est claire : « on ne devient pas riche avec de bons sentiments ». C’est d’ailleurs elle qui suggère à Byron, après l’avoir mis en condition par une mémorable partie de jambes en l’air, de faire payer les industriels de l’armement pour la destruction des lettres de James Madison. Une telle idée ne pouvait venir que du cerveau de Margot ! Comme le dit le vieil indien, c’est quand même sacrément pervers…

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Elle est intelligente. Très intelligente et manipulatrice. Elle sait parfaitement utiliser les faiblesses des hommes : leur appétit sexuel d’abord  et la remarque vaut pour tous ses amants (Byron, Knut, Manolo, Tim…). Mais elle est bien plus subtile : vantant l’esprit chevaleresque de Tim, jouant de l’avidité de Manolo ou faisant croire à Knut Hoggaard que l’idée de vendre les lettres venait de lui. Comme elle le précise « Disons que j’ai accompagné sa réflexion »…

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Margot ne cache pas son mépris pour les hommes. Elle qualifie à plusieurs reprises Byron d’imbécile ; Knut Hoggard de « primate » et quant à Tim, il n’est pour elle qu’un « débile profond qui m’a sortie d’une sale situation »…

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Elle est lucide : Quand le vieil indien lui (tome 2) dit « Ne le prenez pas mal, Madame de Garine, mais je crois que vous êtes la personne la plus répugnante qu’il m’ait été donné de rencontrer », Margot réplique : « Oh mais je ne le prends pas mal. D’ailleurs, je n’ai même pas honte ». Pour elle, nécessité fait loi. On sent, lorsqu’elle abandonne Lucille, qu’elle a pleinement conscience de sa noirceur.  C’est au passage un moment particulièrement intense de la série et l’intelligence du dessin de Salomone nous permet de saisir en une case à la foi le déchirement et la lucidité de Margot.

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Elle est combattante : C’est avant tout une belle figure féministe. Elle déplore sa « faiblesse  en tant qu’Européenne et femme du monde » mais juste après affirme que « l’indépendance est pour bientôt ». Et cette réplique du tome 3  donne toute son épaisseur  au personnage. Le véritable but de Margot, la raison pour laquelle elle veut à tout prix être riche, sont tout entiers dans ces quelques mots. Elle se confie à Lucille sur son objectif. Un plan de vie qui ne fait aucune place aux hommes (tome 3)  : « On va d’abord transformer ces vieux papiers en or. Ensuite, on ira s’acheter de jolies robes, du parfum, des gâteaux et puis on partira en Europe, pour commencer notre nouvelle vie. Une vie dans laquelle on ne dépendra plus de personne. Une vie de liberté et de plaisir. Rien que toi et moi ».

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Elle est belle : oui, mais pas seulement. Merci au dessinateur de l’avoir créée séductrice, piquante, charismatique. Merci à lui de lui avoir dessinée d’aussi jolies robes (je me suis régalée à recréer la robe qu’elle porte au dos du tome 2 pour l’exposition de planches originales que vous pourrez visiter au festival de la Bd de Wattrelos les 7 et 8 octobre prochains). Et puis… Paul Salomone, sors de ce corps ! Comment  peut-on, avec de simples dessins,  habiter à ce point un personnage….

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Ce qui rend l’héroïne aussi intéressante, c’est sa détermination sans faille, son obstination. Et quand enfin elle fait preuve d’humanité, on en est presque déçu (tome 4). Mais heureusement, les auteurs sauvent habilement le personnage … J’ai adoré les conseils qu’elle donne à Lucile !

Je pourrais encore vous parler longtemps de Margot de Garine. Vous dire toutes les somptueuses trouvailles des auteurs, comme cette scène miroir de « Margot – Lucille – les lettres » au tome 2 et au tome 4. Comme ce personnage de Lucille justement, prolongation de celui de Margot, qui se bat pour l’indépendance de la nation Navajo comme Margot se bat pour la sienne propre.

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Mais je vous laisse la découvrir vous-même. Les somptueux dessins de Salomone, sa finesse et l’intelligence de son trait quand il dessine les expressions de Margot vous aideront j’en suis certaine à vous faire aimer Margot autant que moi.

Ah. Au fait. Offrez-vous les tirages de tête de la série. Vous aurez une jolie surprise…

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Je rengaine mon flingue. Justice est rendue.

 

Corinne


Auteurs Festival 2017 : Laurent Lefeuvre

 

Laurent Lefeuvre sera présent en dédicace au Festival de la Bd de Wattrelos les 7 et 8 octobre prochains.

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La voici la bonne nouvelle que je vous annonçais hier ! Alors, après vous avoir présenté Comme une odeur de diable, que Laurent dédicacera, quelques mots sur l’auteur…

LAURENT COMME UNE ODEUR DIABLE

J’adore les bios de Laurent Lefeuvre qu’on trouve sur les gros sites de Bd car elles sont à son image : tellement convaincantes qu’on y croit… Tenez, celle-ci par exemple (bedetheque.com of course) : « Laurent Lefeuvre est né à Rennes en 1977. Il dit être tombé tout petit dans la bande dessinée avec les petits formats « éditions ROA » (http://roa.over-blog.com). Il y découvre une galerie de personnages hétéroclites créés en Angleterre, Italie, Espagne, Argentine et France. Ils ont pour nom Sergent Panache, Sgt Gâchette, Gorak, Dotki, Daniela, Tching-Tchang. Autour de ses dix ans, il tombe en fascination devant l’univers Marvel des super-héros de Stan Lee qu’il découvre dans les revues des éditions LUG (Strange, Titans, Spécial Strange…). Il découvre en même temps que les aventures de ces héros (Conan, X-men, Spider-man) sont créées par des gens bien réels, dont les noms figurent au début de chaque aventure. Une vocation est née ! Au lycée, il découvre un panthéon de dessinateurs américains prodigieux au hasard des vide-greniers où il comble un par un les numéros manquants de la mythique revue de Fershid Bharucha : l’Echo des Savanes Spécial USA (devenue USA magazine). Dès lors, ses influences s’éloignent des super-héros pour s’enrichir de noms autrement prestigieux : Frank Frazetta, Will Eisner, Bernet, Wrightson, Corben, Jeff Jones, Barry Smith, Neal Adams pour les plus fameux. Aujourd’hui, il cite volontiers toute l’œuvre de Hermann, Dubois, Tardi, Rosinski ou encore Fred pour son mythique Philémon. »

LAURENT ROA

Allez distinguer le vrai du faux là-dedans… Et pourtant ! Ah… La merveilleuse histoire des éditions Roa ; bien sûr que tu sais que c’est une fabuleuse invention de Laurent, mais tu vas voir quand même sur google si des fois, ça existerait pas quand même ….

LAURENT TOM ET WILLIAM

Ceux qui ont rencontré Laurent Lefeuvre évoquent systématiquement sa culture immense ; comme ce n’est pas encore mon cas, je ne peux que constater un talent fou et un savoir-faire dont on est curieux d’explorer les limites.

LAURENT FOX BOY

Je peux aussi vous dire que vous pouvez ouvrir n’importe lequel de ses albums, c’est le choc visuel garanti. Je peux enfin affirmer qu’on rencontre peu de créateurs, qui, a l’instar de Tolkien et de ses grammaires des langues de la Terre du Milieu, sont capables de pousser à ce point le perfectionnisme pour rendre crédible une œuvre de fiction.

Corinne

 

 

 

 


Coup de cœur : Comme une odeur de diable

 

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Laurent Lefeuvre annonce d’emblée ses références… Il les « affiche » même …

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Parmi elles, celle à Bernie Wrightson ne fera aucun doute pour les amateurs du genre. Même audace dans les cadrages, même utilisation subtile du nord et blanc, même style expressionniste. Rappelons que Bernie Wrightson, fasciné par les auteurs fantastiques, a adapté les nouvelles de Lovecraft, les contes de Poe et que sa version (1975) du Frankenstein de Mary Shelley est un véritable chef d’œuvre.

BERNIE WRUHTSON FRANKENSTEIN

Frankenstein de Bernie Wrightson

Pour la petite histoire – est-ce un hasard ? – il a réalisé en 1980 Creepshow , cinq contes macabres écrits par Stephen King.

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C’est à cinq contes également, mais  écrits par Claude Seignolle que Laurent Lefeuvre s’attaque. Et le pari était risqué. Certes, Servais, avec le magnifique album La Tchalette, s’était déjà attaqué à évoquer l’histoire fantastique de la campagne, en l’occurrence celle des Ardennes belges. Dans Comme une odeur de diable, il y a un zeste de folie supplémentaire qui n’est pas pour me déplaire. La tâche de Laurent Lefeuvre n’était pas facile.

D’une part en raison du style de Claude Seignolle. Conteur et romancier, Claude Seignolle, qui fête ses 100 ans cette année, n’est pas le plus connu de nos auteurs. Peut-être en raison de son style et de sa langue peuplée d’expressions désuètes et délicieusement fanées. Le style de Seignolle est tellement poétique, avec une prosodie particulière, des images immédiates (« images » au sens visuel pur bien plus que simplement littéraires) qu’il est particulièrement difficile pour un auteur de s’approprier ses contes et en faire une création personnelle.

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C’est là où le génie de Lefeuvre entre en scène, en choisissant d’illustrer ces contes de la campagne profonde à la manière des grands maîtres américains du fantastique. La greffe a pris. Mais je pense que peu d’auteurs français qui auraient pu parvenir à un tel résultat.

Parce que c’est juste savoureux – de lire autant de grands noms dans la même phrase -, écoutons Laurent Lefeuvre raconter la genèse de son album : « Claude Seignolle a publié en même temps que Jean Ray, a rencontré Georges Méliès. Je l’ai contacté via Pierre Dubois, dont il est le mentor, pour porter ses nouvelles fantastiques en bande dessinée. L’homme a sillonné à vélo son Périgord natal et recueilli les histoires d’anciens, enfants sous Louis-Philippe. J’ai voulu cette adaptation de ses nouvelles en noir et blanc, dans l’esprit de Toppi et du Creepy des éditions Warren ». (Casemate 74)

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Avec cet album, Laurent Lefeuvre n’usurpe pas sa place chez Mosquito à côté d’un Toppi ou d’un Battaglia. Sa maîtrise du dessin est totale, parfaite. Il est inventif et réalise une mise en valeur particulièrement intelligente.

Cerise sur le gâteau, l’album est assorti d’une magnifique préface de Pierre Dubois.LEF DUBOIS

Seul regret, une distribution que je trouve trop discrète et un album sous blister ; je sais que les libraires indépendants auront à cœur de présenter l’ouvrage à leurs lecteurs mais je crains que les plus grandes structures ne prennent pas la peine de laisser leur public consulter l’album. Dommage, parce que tout amateur du genre ne pourra se détacher de l’album une fois ouvert.

Laurent Lefeuvre nous a habitués au meilleur dès ses premières publications. Et ce n’est certainement pas avec Comme une odeur de diable qu’il va nous décevoir.

Et demain, je vous parle un peu plus de l’auteur et je vous réserve une surprise…

 

Corinne

 

Les contes en résumé

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Celui qui avait toujours froid Un homme mystérieux débarque dans un village breton. Il entre dans l’auberge et se précipite devant l’âtre, sans un mot. Mais ni les flammes, ni l’eau-de-vie ne semblent pouvoir le réchauffer. Comment le village réagira-t-il face à cet étranger ?

Comme une odeur de loup Le vieux Bolazec découvre un grimoire dans sa grange : son trisaïeul Lucas Ploudry était un sorcier. Il commence à le lire à le feuilleter…

L’homme qui savait d’avance Albarède, le menuisier du village a un don : il sent quand les gens vont mourir. Même ceux qui ont pourtant l’air en pleine forme. Un jour, il pressent que c’est le tour de son enfant. Cette pensée le mine, il cherche à éviter le drame.

Un bel ensorcelé A la recherche de légendes, Claude Seignolle rencontre un paysan de Sologne peu loquace. Sa femme prétend qu’il est ensorcelé.

Deux dents, pas plus… Un homme à la dentition très abîmée propose à un dentiste de lui poser deux  » canines d’occasion « .

 


Précieux : un Art Book Willem !

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Etienne Willem est un auteur de bande dessinée reconnu. Créateur de la série policière semi-réaliste Vieille Bruyère et Bas de Soie, de la série L’Épée d’Ardenois, mettant en scène des personnages animaliers dans un contexte médiéval, il réalise actuellement Les Ailes du singe, emmenant le lecteur dans un nouvel univers aérien et virevoltant.
Etienne est par ailleurs story-boardeur, illustrateur animalier, caricaturiste, amateur de Pin-up et de SteamPunk.
Un auteur aux multiples talents qui va encore vous étonner dans cet ouvrage totalement inédit.
Mais laissons parler l’auteur :
Ben ouais, mais… Comment dire… Que trouve-t-on dans un artbook ? Un peu de tout… Des recherches, des dessins faits juste pour le plaisir, des choses laissées en plan par manque de temps, des actes manqués et de jolies illustrations ; un parcours fait de chemins de traverses et de voies sans issues qui dessinent petit à petit la personnalité d’un auteur…

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Invité d’honneur Festival 2017 : Paul Salomone

Paul Salomone sera l’invité d’honneur du Festival 2017 de la Bd de Wattrelos. Avant de vous parler de la série et de ses personnages, petite présentation du dessinateur !

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Difficile de croire que « L’homme qui n’aimait pas les armes à feu » est la première série de Paul Salomone… Certains mettent des années à acquérir une telle maîtrise du dessin. Heureusement, nous vivons à une époque où il y a de moins en moins de talents méconnus ; quand la qualité est aussi évidente, le succès est au rendez-vous (cf Jérémy et Barracuda dont il s’agit également de la première œuvre).

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Voici quelques incontournables éléments de biographie pour mieux connaitre le personnage !

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Paul Salomone est né en 1981 à Morlaix dans le Finistère. Le bout du monde et le début d’une vie bercée par les créations de son père, artiste peintre sculpteur. Auprès de sa famille, il vit sans voiture ni téléphone. Le futur dessinateur est habité par l’authenticité autant que par ses rêves : il dessine partout, dans sa chambre ou à l’école. Il crée de multiples personnages, des plans d’architectures, des animations ou des décorations intérieures. En 2000, il s’exile à Nîmes pour y obtenir une Licence d’Arts Appliqués. La ville des arènes est le théâtre de sa rencontre avec sa future épouse. Paul avance dans le sport jusqu’à devenir athlète de haut niveau mais son esprit créatif prend le pas sur ses entraînements. Il trouve enfin sa voie dans la BD : Paul participe au premier Salon Européen de la Bande Dessinée de Nîmes et ses productions sont remarquées par Albert Uderzo. Sa collaboration avec les Éditions Delcourt n’est pas le fruit du hasard : le scénariste Wilfrid Lupano est interpellé par le trait du jeune dessinateur. Le crayon de Paul s’est ainsi baladé dans un western spaghetti avec aisance et souci du détail : une vraie sauce piquante, épicée et pleine de caractère.

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Difficile de croire également que le western n’est pas son genre de prédilection, tant la série est convaincante. S’il avoue aimer l’univers des frères Cohen, il précise également qu’il se serait ennuyé avec un western classique. Avec L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, et grâce au scénario de Wilfrid Lupano avec lequel il forme un duo de choc, il parvient à reprendre certains codes du western pour très vite les bousculer.

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Personnages inoubliables (Paul Salomone nous croque des « gueules » fabuleuses), humour décalé, problèmes de fond historiques mais tellement actuels (constitution américaine et armes à feu, traitement des minorités)… pas étonnant que L’homme qui n’aimait pas les armes à feu soit l’une des meilleures séries du moment. Pas étonnant non plus qu’elle ait rencontré un public qui va bien au-delà des amateurs de bd western !


Exposition Art of cosplay, vernissage réussi !

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Malgré la période estivale, la salle était pleine pour l’inauguration de l’exposition « Art of Cosplay » organisée par notre association à la bibliothèque centrale de Wattrelos (exposition visible jusqu’au 12 Août.

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Plusieurs cosplayeuses avaient fait le déplacement et nous avons eu la joie d’accueillir notre députée Catherine Osson et Rita Catena, en charge de la culture pour Wattrelos (et également directrice du Musée des Arts et Traditions populaires qui avait accueilli une partie du shooting).

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Les photos d’Astrid (Mazaki Prod) ont fait forte impression et m’est avis que l’on entendra encore parler de la talentueuse photographe.

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Merci encore à tous les participants !

Les cosplayeuses : Laureline Paul-Constant, Cloé Clement, Julie Loison, Rachel Anciaux, Tessa Nicholson, Cynthia Fourez, Armony Herminet, Mina Ould Haddad,

A notre cosplayeur débutant, Naîm

A nos photographes : Isabelle Riquet, Dominique Mestre, Patricia Kazmierczak et Astrid Rotelli

A Lady Cherry, maquilleuse

A Isabelle Riquet qui m’a aidée pour les costumes

A Jeff et Lucas Gilmé pour les repérages

A Laureline Paul-Constant pour l’affiche

A Isabelle Clément Delaghe, Robin Six et Lucas Gilmé, assistants et accessoiristes lors du shooting tournage

 

et bien entendu à Sly pour son magnifique teaser que vous pouvez retrouver sur la chaine YOUTUBE du festival bd Trait d’Union Wattrelos !

Corinne


Tous devant la télé demain soir pour Valérian

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Mardi 25 juillet en première partie de soirée, à quelques heures de la sortie du film Valérian, TMC propose un documentaire inédit sur le destin hors du commun de Luc Besson.

Du « Grand bleu » à « Le Cinquième élément » en passant par « Lucy » ou « Nikita », Luc Besson revient sur son incroyable parcours.

Valérian et la Cité des mille planètes est son dernier opus adapté de la mythique BD de Pierre Christin et Jean-Claude Mezières. Doté d’un budget prod colossal de 180 millions d’euros dont 100 millions consacrés uniquement aux effets spéciaux, Valérian joue dans la cour des blockbusters hollywoodiens.

 


Viens voir le docteur !

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En tant que vieux fan de comics-books je suis accro aux intégrales Panini « classiques » même si elles sont souvent décriées pour leurs couleurs criardes, elles présentent l’intérêt de présenter de nombreuses séries de Super-héros Marvel de qualité. Je n’ai donc pas pu passer à côté des deux premiers volumes du Docteur Strange, le maître des arts mystiques.

Pour les plus jeunes et les néophytes, Doctor Strange c’est ce film récent avec cet acteur au nom tout aussi strange : Benedict Cumberbatch. Mais pour les initiés aux arcanes du 9ème art, ce nom évoque avant tout le talentueux génialissime Steve Ditko ! Et oui, le créateur de Spiderman est aussi celui du bon vieux docteur. Avec Stan Lee il crée donc Spiderman en 1962. En fin limier, le père Lee avait compris que le style, un peu déjanté, de Ditko convenait parfaitement à ce personnage qui allait devenir le super-héros le plus célèbre de Marvel Comics Group et faire de Peter Parker une icône pour plusieurs générations de lecteurs. Mais dès 1963 le tandem Lee/Ditko imagine le personnage du Doctor Strange. Et là, les portes du monde caché du terrible Dormammu s’ouvrent devant nos yeux écarquillés !  Un festival de dessins flashy où les personnages évoluent dans des décors complètement chtarbés !! Inutile de vous dire qu’il s’agit-là d’un chef d’œuvre de la pop culture qui, déjà à l’époque, était porté aux nues par les beatniks et autres babas cools des années 60 (on ne disait pas encore bobos et c’est tant mieux).

strange1n quelques mots je résume l’histoire… euh… Disons que Stephen Strange est chirurgien à la ville comme à la scène. Il est séduisant mais un peu trop prétentieux et attiré par l’argent et les choses superflues. A la suite d’un accident de voiture, ses mains sont brisées, il ne peut plus exercer son métier. Il  décide de partir pour le Tibet à la recherche de celui qu’on nomme « l’Ancien » qui seul pourrait le guérir. Comme ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces, l’Ancien décèle en Strange un potentiel et propose de lui enseigner la maitrise de la magie noire et autres incantations lui permettant d’accéder à des univers que nous, pauvres ignorants, ne pouvions même pas imaginer. C’est là qu’il combattra de terribles ennemis : le baron Mordo, Némésis de Strange (lui aussi ancien élève de l’Ancien), l’infâme Dormammu (mon préféré avec sa tête en feu !), Cauchemar et Eternité (rien que ça !), Le tribunal vivant, Nébulos (de mieux en mieux !), la sorcière Umar (sexy en diable !)… Au fur et à mesure des progrès accomplis par son disciple, l’Ancien lui accordera divers attributs et pouvoirs tous plus cools les uns que les autres : œil magique d’ Agamotto, cape de lévitation,  amulette mystique…

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Bon, tout cela n’est pas très sérieux mais que l’on ne se trompe (Herb ?) pas : Doctor Strange est LA série la plus zarbi de tout l’univers Marvel.

Très vite, Stan Lee, peu inspiré par le personnage, laisse Ditko seul aux commandes, ne s’occupant que des dialogues, comme il le faisait avec Jack Kirby pour Thor. Ditko, aussi discret que talentueux, il existe très peu de photos connues de lui, se déchaîne en créant un univers original très différent de l’univers Marvel. La preuve : dans ces deux volumes couvrant la période 1963-1967 on ne trouve qu’une seule apparition d’un autre Super-Héros, comme par hasard Thor.

 

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Déçu par Stan Lee et le peu de considération qu’il recevait de la part de la maison des idées. Ditko partira travailler pour la concurrence, petit à petit le Doctor deviendra un super-héros Marvel « classique ». C’est lui qui créera notamment les Défenseurs (avec Hulk, Submariner et Silver Surfer).

C’est quand on voit ce que les successeurs de Ditko (sauf Gene Colan et un peu Frank Brunner)) ont fait que l’on se rend compte que Ditko était vraiment un dessinateur à part. Avec les univers de Strange, il pouvait donner libre cours à son imagination qui paraissait sans limite comme les pouvoirs des Vishanti !

On comprend aussi pourquoi le comics du Doctor Strange était le préféré des hippies junkies, lire ces deux intégrales c’est comme un shoot de LSD sans les effets secondaires !

Jeff

Intégrales Docteur Strange 1963/1966 et 1966-67 par Stan Lee et Steve Ditko chez Panini