Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

RETOUR sur… D’air pur et d’eau fraîche

 

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous parler d’une nouveauté mais d’un one shot que j’ai redécouvert en préparant l’exposition « Far-West ! » que vous pourrez découvrir au Festival de la Bd de Wattrelos les 7 et 8 octobre prochains.

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Même si lors de sa sortie, l’album « D’air pur et d’eau fraîche » de Péro, a reçu les honneurs de la critique, il n’a à mon sens pas été apprécié à sa juste valeur. Certes, il ne s’agit pas d’une œuvre « grand public » : une thématique difficile, un traitement sans concession, une bd muette.

L’histoire d’abord : Joshua est le fils d’un trappeur. Il vit, avec ses parents et sa petite sœur, une existence difficile, perdu dans la nature. Une existence rendue d’autant plus difficile, que son ivrogne de père dilapide le fruit de la vente des peaux dans les bordels et les saloons et exprime violemment ses frustrations sur sa femme et ses enfants. Joshua se retrouve brutalement orphelin après l’attaque de la maison familiale par des indiens.

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A partir de là, le récit se transforme en une longue lutte pour la survie, un combat pénible pour s’adapter jour après jour à un environnement particulièrement hostile.

Pour une fois, Péro n’est pas accompagné par son compère Benjamin Rémy ; lorsque j’ai refermé l’album pour la seconde relecture, je me suis dit que ce one shot « coup de poing » ne pouvait que sortir de l’imagination, des tripes, d’une seule et même personne.

Péro excelle à nous décrire un Ouest sauvage, rude, sans pitié. Même si on retrouve les paysages et lieux traditionnels du genre, grandes plaines, montages enneigées, saloons etc., l’ouvrage n’a rien de classique. Il est certainement l’album le plus proche de la réalité de la véritable conquête de l’Ouest que j’ai pu lire – peut-être avec le Martha Jane Cannary de Perrissin et Blanchin. Les « conquérants » étaient le plus souvent des paumés qui n’avaient rien à perdre que de fringants cow-boys. La pauvreté, l’alcoolisme sévissaient.

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Le dessin en noir et blanc, le traitement en bd muette sont parfaitement en adéquation avec la désolation et le fatalisme du propos.

Joshua est un type ordinaire, mal parti dans la vie, malchanceux, malhabile. Rien ne lui sera épargné. Rien ne lui sera donné. Pas le moindre bonheur. Même pas une petite joie.

D’air pur et d’eau fraîche est rude, brutal, la désolation et le fatalisme pèse sur chacune de ses pages. On en finit la lecture avec un goût d’amertume dans la bouche. C’est un grand album. Le Blast de la Bd western, dont il a les mêmes lourds silences, la même vision pessimiste.

Corinne

PS : Demain, la suite avec une surprise. Devinez …. Je vous donne un indice

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