Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

Le gentil géant de la bande dessinée s’en est allé

Il y a des gens comme ça qu’on penserait immortel. René Hausman était comme une statue vivante, un vieux chêne indéracinable, c’était aussi un ami et aujourd’hui j’ai le cœur lourd.

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Avec la disparition d’un des plus talentueux dessinateurs belges, c’est tout le pays qui doit pleurer aujourd’hui et surtout sa ville Verviers. Comme un signe du destin, je venais de terminer la lecture de son dernier album paru : Chlorophylle et le monstre des trois sources. Un album qu’il avait réalisé en hommage à Raymond Macherot, son maître et ami, lui aussi originaire de Verviers.

Je connaissais René depuis 30 ans. Par chance j’ai pu le faire venir plusieurs fois à des salons dans la région, à l’époque où il se déplaçait encore, et, à chaque fois c’était magique. Car en plus d’avoir un coup de pinceau merveilleux, René était capable de discuter de tout. Il se tenait au courant des nouveaux films, des nouvelles musiques et même si nous adorions chantonner tous les deux des airs de l’opérette « L’auberge du cheval blanc », son oreille de musicien savait reconnaitre les « bons sons » modernes.

Je lui avais offert une planche originale de Calvo, un de ses auteurs fétiches, et un jour, en me rendant chez lui à Verviers, j’ai pu constater qu’elle était en bonne place sur son bahut, bien encadrée comme le sont ses dessins qu’il m’a offerts et que je regarde en ce moment avec tristesse et tendresse, posés sur le rebord de ma cheminée. Parmi ceux-ci : le dessin qu’il avait eu la gentillesse de m’envoyer pour le faire-part de naissance de mon fils, il y a tout juste dix-neuf ans.

Mes pensées vont à ses deux grands fils, à son plus jeune fils Valentin et à Nathalie son épouse.

Quelle chance René d’avoir pu te rencontrer, moi qui, enfant, rêvait devant tes grandes illustrations animalières dans Spirou. Quel bonheur d’avoir pu partager avec toi des moments intimes, d’avoir eu la chance de te regarder créer à ta table à dessin.

Il nous reste tes magnifiques albums réalisés seuls ou avec ton compère Pierre Dubois ou bien le scénariste Yann. Et tous les souvenirs. Ainsi je n’oublie pas que tu m’as initié à l’Orval dans le plus grand recueillement  un soir d’avril dans un troquet verviétois. Depuis ce jour plus jamais je n’ai bu d’Orval sans penser à toi. Et ce soir, je vais m’en ouvrir une…

A ta santé l’ami !

Jeff

PS : en illustration ce petit dessin réalisé vite fait au restaurant, je lui avais demandé de me faire ce chat botté en utilisant seulement le feutre-pinceau qu’il maîtrisait parfaitement.

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