Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

Au revoir la Haut : fabuleux De Metter !

En cette semaine de remise des grands prix littéraires, permettez-moi de vous parler… du Goncourt 2013 ! Je vous rassure : il n’est pas tout à fait moisi mon article, puisque je vais vous faire part de mon gros coup de cœur pour son adaptation en Bd.

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Petit retour sur la « matière de base »… Au revoir là-haut est un roman de Pierre Lemaitre paru le 21 août 2013 aux éditions Albin Michel. Il reçoit plusieurs prix littéraires la même année, dont le prix Goncourt (mais aussi Roman préféré des libraires, Prix roman France télévision, Coup de cœur de l’Académie Charles-Cros etc…). Ce roman est tout sauf une œuvre opportuniste en cette période de centenaire de la grande guerre. C’est un GRAND roman. La langue est belle, le récit poétique mais l’intrigue proche du polar nous tient en haleine jusqu’à la fin. Magistrale.

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1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

Sur un scénario de Pierre Lemaitre, c’est Christian De Metter qui a été choisi pour mettre en image ce chef d’œuvre. Et quel choix judicieux : avec son trait sensible, délicat, De Metter réussit à transmettre toute l’intensité du roman. Les couleurs sont magnifiques, très judicieusement choisies et servant avec intelligence les différentes phases du récit.

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Christian de Metter nous avait déjà bluffés avec Le Curé (Casterman 2001 quelle maîtrise de l’aquarelle, déjà !), Le Sang des Valentines (Casterman 2004, se déroulant dans le même univers – fin de la Première guerre), Figurec (Casterman 2007, un chef d’œuvre de montée en puissance dramatique), Shutter Island bien entendu (Casterman 2008 – un découpage aux petits oignons pour ce chef d’œuvre de l’auteur du célébrissime Mystic River, Dennis Lehane et un de Metter au sommet de son art quant à la maîtrise de la couleur) et plus récemment Rouge comme la Neige (Casterman – 2014 ; je ne suis pas fan des westerns mais là…pfff ! trop fort !).

Vous l’avez compris, je suis une inconditionnelle de ce grand dessinateur. Et je pense qu’il vient de nous livrer son œuvre la plus aboutie.

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Cerise sur le gâteau – merci au passage à Rue de Sèvres et à sa politique éditoriale tellement intelligente – la préface de Philippe Torreton est magnifique.

Au revoir là-haut n’est pas simplement une adaptation réussie. C’est un superbe prolongement de l’œuvre de Pierre Lemaître. Grâce à De Metter, j’ai pu mettre un visage sur ces héros ordinaires que j’avais tant aimé.

Corinne

 

 

Petit bonus : un Commentaire croisé de la page 62 de Lemaître et de De Metter

http://www.franceinter.fr/depeche-au-revoir-la-haut-un-goncourt-en-bd