Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

DEJA UN CLASSIQUE : O’BOYS

Deux jeunes hommes désoeuvrés découvrent l’Amérique des années 1930. Un destin qui les lie de façon indéfectible à un détail près : l’un est blanc, l’autre est noir… Ensemble, ils vont accomplir un fabuleux périple qui deviendra un véritable apprentissage de la vie… Un récit puissant qui restitue l’ambiance des Etats-Unis des années 30

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Je me souviens de la lecture de Tom Sawyer quand j’étais au collège. Au siècle dernier…. On nous avait posé la question : pourquoi les enfants envient-ils Huck ? Bien sûr, à l’époque, j’avais répondu comme tout le monde : « parce qu’il ne va pas à l’école ». Si j’avais lu Les aventures de Huckleberry Finn ou O’boys, la libre adaptation qu’en ont faite Cuzor , Thirault et Colman, j’aurais eu bien plus à raconter….

J’aurais commencé par cette citation relevée dans la trilogie O’boys :

« La vie est de la merde, avec parfois de vrais foutus diamants cachés dedans ».

 O BOYS dos

On étudie souvent Tom Sawyer au collège, pas souvent Les aventures de Huckleberry Finn, pourtant selon moi, tellement supérieures au premier roman ! Le chef d’œuvre de Mark Twain, le livre qui a fondé la littérature moderne américaine. Un roman picaresque comme on écrit dans les livres d’école, un road movie comme on dit maintenant, dont se sont emparés Colman et Cuzor avec brio, pour en faire une œuvre toute personnelle et flamboyante.

Tout est réussi dans cette trilogie.

Les décors sont somptueux : Le Mississipi, les grands espaces américains, la ville de Memphis, berceau du blues. Les ambiances de l’époque nous envahissent, nous entêtent : l’errance et la désespérance des hobos, l’Amérique des années 30, celle de la crise, celle de la ségrégation, mais aussi celle des premières révoltes ouvrières et celle du blues… Car cette musique est vraiment indissociable de ces hommes rejetés par une société, comme autant de notes discordantes.

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Je me souviens de chaque achat des albums de cette trilogie. De chaque choc visuel devant les couvertures. La première bien entendu ! Pour tout avouer, j’ai vu 13 fois Autant en emporte le vent et je considère Margaret Mitchell comme la première romancière féministe (bon, j’avoue, dans les 13 fois, il y en a bien une ou deux pour Rhett Butler…). Alors bien entendu, le clin d’œil ne m’a pas échappé.

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et s’il fallait un autre petit exemple (mama/Bethany) …

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Les autres couvertures ne sont pas en reste, avec ces héros qui ne se laissent pas saisir, tête baissée ou dans l’ombre.

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Illustration originale du roman

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O’Boys

Et le plaisir s’accroît lorsqu’on se laisse emporter par l’histoire de Huck Finn et de Charley William. C’est puissant comme Les raisins de la colère – dont l’action se déroule à la même époque et pour évoquer encore Steinbeck, les auteurs de O’boys nous ont en plus aussi créé un beau duo de personnages atypiques.

Je pense que cette errance des hobos, ces travailleurs itinérants qui sillonnaient l’Amérique de la Grande Dépression cachés dans les trains, n’a été abordée qu’une seule fois en Bd, magistralement aussi par James Vance et Dan Burr avec Les rois vagabonds (Vertige Graphic). Alors décidément, le sujet est porteur de richesses.

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Le scénario est prenant, les couleurs magnifiques et le dessin est … comment dire… on dit en général d’une grande finesse, un trait réaliste plein de sensibilité, parfaitement maîtrisé par un dessinateur au top de son art… C’est tout ça. Mais pour moi, et j’assume le commentaire absolument pas technique ni spécialiste, c’est un dessin qui vous prend aux tripes et vous envoûte.

Corinne

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L’intégrale – cycle 1

 

La suggestion de notre rubrique : Le coin du prof 

Pour continuer le plaisir de lecture et l’ambiance, vous pouvez aussi présenter à vos élèves le Huckleberry Finn de Mattotti ou Des souris et des hommes de Bertola.