Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

Merci !

Certains le savent, ça n’a pas été une année facile pour moi et je ne suis pas peu fier d’être parvenu à motiver mon équipe pour proposer au public un nouveau festival de bande dessinée Trait d’union à Wattrelos. 12 auteurs invités, 3 expositions, des ateliers, un concours de dessins, un cosplay, de la danse, un combat de dessins, des quizz et autres animations, des interviews, un stand maquillage, une dizaine d’exposants : la 4ème édition a tenu ses promesses !  Installer et faire vivre un évènement culturel d’envergure à Wattrelos nécessite beaucoup d’énergie, la passion ne suffisant pas toujours, et je ne peux que remercier celles et ceux qui m’en ont donné pour mener à bien ce beau projet. Merci aux bénévoles de l’association Bulles Carrées et particulièrement à Isabelle Riquet discrète femme de l’ombre mais présente tout le temps pour réaliser de splendides costumes et me relancer et me motiver quand il le fallait. Merci à Isabelle Vervust, efficace, toujours à mon écoute et relais parfait avec le personnel municipal, ainsi qu’à son équipe de la bibliothèque impliquée et motivée. Merci à Dominique Baert pour son soutien, à Myriam Desmet, Rita Catena, Jean Chennevière, Dominique Reus, le service culture, communication, le personnel du CSE, les équipes techniques, l’asso Amitié Motards. J’attends encore 1600 photos mais j’en ai trié déjà une partie que je vais partager ici pour rendre hommage à ceux qui ont fait trait d’union 4. Un gros coup de cœur aux sponsors, exposants et un big up pour ceux qui font la bande dessinée : les auteurs, sans qui rien de tout cela ne serait.jeff_camille_laura

 


Le programme 2018 au CSE

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Invité d’honneur : Christian Rossi

chrstian-rossiListe des auteurs 

Samedi de 11 H à 18 h et dimanche de 10h30 à 18 h

Corentin Rouge, Alain Dodier (uniquement le samedi), Eric Hérenguel, Frédéric Coicault, Jérôme Derache, Jean-Marc Krings, Loïc Verdier, Laurent Houssin, Fabien Rypert, Djrk.

 

PROGRAMME :

 LES SPECTACLES
Samedi 6 octobre
15h30
Prestation de l’école de danse du conservatoire autour de « Bohemian Rhapsody » de Queen

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Dimanche 7 octobre
15h
Cosplay « Le défilé des guerrières »

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16h30
Grand combat de dessins (2 contre 2)
OUI (47)Les auteurs improvisent des oeuvres sur des thèmes aléatoires !
LES STANDS POUR S’AMUSER

– Une dizaine de stands : BD neuve, de collection, occasion.
Nouveau : présence de la librairie Astro-City pour les amateurs de comics.

– Stand Pôle 3D : Cette célèbre école roubaisienne présentera un stand de dessin et linogravure sur le thème du roman graphique, ainsi que des travaux à l’encre de chine et plume sur du découpage visuel.

– Espace jeux vidéo avec la bibliothèque de Wattrelos.

– Ateliers BD animés par les dessinateurs Maba, Benoît Bonte, Djrk et des élèves de Pôle IIID.

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– Atelier papier froissé par André Gacko : confection de personnages à partir d’une simple feuille. Ateliers sur scène : samedi après-midi 16h-17H et dimanche matin 11h-12h

– Le coin des p’tits Pirates (coloriages, réalisation d’un drapeau de pirate)

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– Espace jeux de plateaux

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– Stand maquillage

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– Sur scène : rencontres et débats avec les auteurs

Et aussi : le bar des motards (boissons, sandwiches…), stand Barbe-à-papa, crêpes.

 

DES CONCOURS

Quizz : Des quizz simples sur la bande dessinée pour gagner des cadeaux, toute la journée sur scène, entre les animations.

Samedi à 15h : remise des prix du concours de dessins.

Tombola : Gagnez 1 BD toutes lesheures au bar du Festival

 

EXPOSITIONS
Le coeur des amazones

Planches originales de Christian Rossi ainsi que des dessins d’autres artistes sur le thème « guerrières et amazones ». Les 6 et 7 octobre au CSE.amazones

L’univers de Fabien Rypert

Exposition du 12 septembre au 20 octobre : bibliothèque du Sapin-Vert rue de l’union Wattrelos

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Expo Rock et BD

Venez découvrir pourquoi à travers une exposition où une trentaine d’auteurs, de Margerin à Zep, présentent leurs albums de rock favoris couplés à leurs propres BD. Cette exposition, réalisée en collaboration avec l’association d’Amiens « On a marché sur la bulle », sera enrichie de pochettes de disques réalisées par des dessinateurs. Du 22/09 au 27/10 : bibliothèque municipale 2 rue Emile Basly Wattrelos

A noter que le groupe rock Bâton Rouge se produira lors de l’inauguration de l’exposition le 22/09 à 15h à la bibliothèque.

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PLUS D’INFOS SUR LES EXPOS ICI

 

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Les expositions 2018

Le coeur des amazones

La possibilité d’admirer une trentaine de planches originales de Christian Rossi, extraites de son dernier album ainsi que des dessins d’autres artistes sur le thème « guerrières et amazones ». Les 6 et 7 octobre au CSE. Pour cette occasion, un ex-libris inédit de Rossi, signé et numéroté à 150 exemplaires a été édité.

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L’univers de Fabien Rypert

Pour tout connaitre sur les travaux de ce dessinateur des Hauts-de-France qui viendra animer deux ateliers badges (sous réservation, auprès de la bibliothèque).

Exposition du 12 septembre au 20 octobre : bibliothèque du Sapin-Vert rue de l’union Wattrelos

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Ateliers badge de 14h à 17h : le 12 septembre Bibliothèque du Sapin-Vert rue de l’union Wattrelos et le 19  septembre Bibliothèque du centre rue Emile Basly Wattrelos.

 

Expo Rock et BD

Saviez-vous que les bandes dessinées sont l’autre nom du rock’n roll ? Venez découvrir pourquoi à travers une exposition où une trentaine d’auteurs, de Margerin à Zep, présentent leurs albums de rock favoris couplés à leurs propres BD. Cette exposition, réalisée en collaboration avec l’association d’Amiens « On a marché sur la bulle », sera enrichie de pochettes de disques réalisées par des dessinateurs.Pour cette occasion, un ex-libris inédit de Krings, signé et numéroté à 150 exemplaires a été édité. Du 22/09 au 27/10 : bibliothèque municipale 2 rue Emile Basly Wattrelos

A noter que le groupe rock Bâton Rouge se produira lors de l’inauguration de l’exposition le 22/09 à 15h à la bibliothèque.

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Les auteurs présents à Trait d’Union 4

Les auteurs présents au CSE le samedi de 11h à 18h et dimanche de 10h30 à 18h.

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Christian Rossi – invité d’honneur

Accompagné de la scénariste Géraldine Bindi.Rossi + BindiCorentin Rouge

Rouge

Alain Dodier

Uniquement le samedi

Dodier

Eric Hérenguel

Hérenguel

Frédéric Coicault

Coicault

Jérôme Derache

Derache

Jean-Marc Krings

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Loïc Verdier

Verdier

Laurent Houssin

Houssin

Fabien Rypert

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Djrk

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Tous seront présents les 2 jours sauf Alain Dodier présent uniquement le samedi.


Trait d’union 4ème édition !

Fort du succès des 3 premières éditions, Trait d’Union, le Festival de la bande dessinée de Wattrelos revient les 6 et 7 octobre avec la même volonté de créer des passerelles intergénérationnelles entre  les auteurs et ses différents publics.

L’édition 2018 sera riche en évènements à destination des bédéphiles et du grand public…

L’invité d’honneur sera Christian Rossi, l’un des maitres actuels de la bande dessinée réaliste. Il viendra dédicacer entre autres son album Le coeur des amazones et sera accomplagnée de sa scénariste Géraldine Bindi.

Une douzaine d’auteurs sera présente. Cosplay, spectacle de danse, combat de dessins, ateliers, interviews sur scène complèteront le programme traditionnel des dédicaces.  Sans oublier les expositions :

  • Le cœur des amazones, exposition de planches et dessins originaux de Rossi et d’autres auteurs au CSE
  • Rock et BD, une rétrospective des auteurs influencé par le rock dans leurs travaux à la bibliothèque centrale
  • L’univers de Fabien Rypert à la bibliothèque du Sapin vert de Wattrelos.

Vous amuser, que vous ayez 3 ans ou … beaucoup plus : au corner P’tits pirates, aux ateliers Bd ou numérique, au stand Pôle IIID, à l’espace Jeux de plateau, stand maquillage…

Ou enfin débuter ou compléter votre collection au stand de notre libraire, BD+Café ou dans les bacs des vendeurs d’albums d’occasion ou de collection et de comics avec Astro-City.

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Trait d’union nouvelle édition

La 4ème édition du festival de bande dessinée Trait d’union Wattrelos aura lieu les 6 et 7 octobre prochains au Centre Socio-éducatif. C’est avec un grand plaisir que nous accueillerons notre invité d’honneur Christian Rossi et que nous vous proposerons une exposition de planches originales choisies parmi l’album « Le cœur des amazones ». Un évènement à ne pas manquer !

IMGP0478Le coeur des amazones : chef-d’œuvre d’un maître du réalisme.
Plus jamais depuis la rébellion sanglante qui avait fait d’elles des femmes libres, plus jamais les amazones ne se soumettraient, elles l’avaient juré. Mais quand leur jeune reine, Penthésilée, défie le demi-dieu Achille, leur rencontre remet en cause ce qui ne l’avait jamais été : la haine des hommes, héritée de leurs aînées…

amazonesC’est un album qui demande de l’attention, car s’il entre directement dans le récit dès la première scène, le lecteur se perd parfois tant le scénario est riche en personnages. Mais, nul doute, qu’il restera comme un album important de part le thème traité mais aussi par la démonstration du talent de Rossi qui visiblement aura pris beaucoup de plaisir en réalisant les dessins. Ici la guerre de Troie est supplantée par celle des sexes, éternellement présente. Les velléités des amazones qui refusent d’être sous la coupe des hommes mais qui en ont besoin malgré tout, semblent confuses : faut-il obéir aux lois matriarcales ou céder aux désirs et à la curiosité de ces corps étrangers et différents ? L’attrait qu’éprouve la reine Penthé pour Achille le demi-dieu est symbolique de cette ambigüité.  Pour un premier scénario Géraldine Bindi s’en sort plutôt bien admirablement soutenue par celui qui est devenu l’un des plus grands dessinateurs réalistes européens. L’idée de traiter les planches au « brou de noix » est une excellente initiative qui renforce le classicisme du trait tout en apportant une lumière bien spécifique. Certaines scènes sont à couper le souffle et l’album est entrecoupé de cases « pleine page » impressionnantes. Pour les amateurs, je conseille fortement le tirage grand format pour apprécier encore plus le talent du prochain invité d’honneur du Festival Trait d’union.

couvLe cœur des amazones par Christian Rossi et Géraldine Bindi. Editions Casterman


Retour sur un sourire

Je dois vous faire une confidence : je n’aime pas les clowns. Pas plus que les cirques d’ailleurs. Souvenirs diffus d’une petite fille avec son grand-père, confrontée au dénuement d’un cirque venu se frotter au public campagnard.

Dès lors, ce n’était plus le large sourire dessiné sur le visage du clown, mais la résignation dans son regard qui m’a poursuivie. Gravé à jamais dans ma mémoire.

En revanche, j’aime beaucoup Luc Brunschwig. Chacun des albums lus jusqu’à présent a laissé un souvenir mémorable. Marquant. Des émotions fortes.

Luc Brunschwig d’un côté, un clown de l’autre. Attirance pour les scénarii d’un côté, répulsion du personnage de l’autre, telles les pôles d’un aimant.

Et il y aussi Laurent Hirn, dont j’avais hâte de voir une autre facette du travail, après l’avoir découvert dans « Le Pouvoir des Innocents ».

L’aiguille a oscillé, la balance a basculé. Et comme Futuropolis a sorti une belle intégrale, j’ai craqué. (et en plus, il y a un chat sur la couverture)

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« Le sourire du clown, c’est l’histoire de Grocko et Clock, deux clowns quinquagénaires, qui n’ont jamais réellement connu le succès. Depuis des années, ils transportent, de villages en petites cités de banlieue, leur spectacle de rue, gagnant leur vie, vaille que vaille, menant pourtant toujours à bien la minuscule mais valeureuse mission qu’ils se sont fixée : apporter un peu de rire et d’émotion là où ils passent. Leur tournée les a menés jusqu’à la cité des Hauts-Vents, un labyrinthe de tours HLM, en marge d’une petite ville industrielle, où règne tristesse et mélancolie. C’est là que se termine le voyage des deux complices. Grocko est assassiné d’une balle dans la tête, tirée par une mère de famille sans histoire, dans un accès de folie, sous les yeux de son fils Djin, âgé de huit ans, qui suivait depuis peu le clown comme son ombre. Un an plus tard, Djin, sans père et privé de mère, revient à la cité des Hauts-Vents avec son oncle et sa tante. Profondément traumatisé par le crime de sa mère, il ne parle plus, son visage s’est figé. Il est totalement inexpressif, il semble ne plus rien ressentir, il est sans vie. »

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Le sourire du clown, c’est une tragédie en trois actes, et autant de tableaux. La foi s’oppose au rire, la violence à la vie, le chômage à l’espoir. Personnages invisibles et pourtant si présents, les immeubles de bétons écrasent leurs habitants, leur barrent la route, et l’accès à la vie de la « ville ».

Au milieu de cette fourmilière, deux clowns, un prêtre, des fidèles, des gens… et une lutte du quotidien, pour survivre, pour garder la maîtrise, le pouvoir sur sa vie, sur celle des autres.

Les rues abolissent les frontières du bien et du mal, chacun tirant la couverture à soi, par le rire, par la colère, par la peur.

Au milieu de cette cohue, un ange, ou peut-être un démon. Muet depuis le « terrible accident », Djin revient aux Hauts Vents, et découvre que le temps n’a pas fini de cicatriser les blessures infligées à la cité, et qu’une petite étincelle peut rouvrir les fractures profondément.

La révolte gronde dans la cité, et les pompiers s’avèrent parfois être de grands pyromanes…

Sourire_du_Clown_FuturopolisComme d’habitude, les personnages de Luc sont ciselés, personne n’est tout blanc ou tout noir. Chacun révèle ses parts d’ombre, et les motivations personnelles des uns et des autres s’accordent plus ou moins dans un projet d’ensemble. Et de se poser la question : la fin justifie-t-elle toujours les moyens ? Sans misérabilisme, il dépeint la vie d’un quartier « sensible », le quotidien de ses habitants, entre chômage, violence et religion.

Le sourire du clown, intégrale par Luc Brunschwig et Laurent Hirn, Futuropolis

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Le noir lui va si bien !

Ce qui est bien avec les intégrales Marvel Comics de Panini c’est que l’éditeur profite à chaque fois de la sortie d’un nouveau film pour nous proposer un volume consacré au personnage. Avec Black Panther il s’agit de la réédition inespérée des comics de la série Jungle Action où l’on retrouve ce bon vieux T’Challa !

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Au menu le lecteur sera tout surpris de découvrir le Fantastic Four 52 qui voit la première apparition du roi du Wakanda, dessinée par l’immense Jack Kirby. Histoire qui, bien entendu, figure déjà dans un des volumes consacrés aux FF mais pourquoi pas… Le problème c’est qu’il n’a pas grand-chose à voir avec la suite. Apparu au milieu des années 60, il faudra attendre une dizaine d’années pour que La panthère noire ait enfin sa propre série, et encore au sein d’un comics titré Jungle Action featuring… La célèbre de la maison des rêves (c’est ainsi qu’on surnomme la Marvel comics Group à l’époque) ne croyant pas trop au succès du personnage, les premiers numéros de Jungle Action sont consacrés à Tharn, un sous-sous Tarzan, mais à partir du n°6 c’est donc Black Panther qui est mis en vedette sur la couverture. Il faut dire que le milieu des années 70 est très important pour la MCG, la censure est moins regardante et l’on verra apparaitre des titres comme Tomb on Dracula, Frankenstein, Ghostrider, Werewolf by night… Et surtout La Blaxploitation cartonne au cinéma, le film Shaft ayant été un des détonateurs du succès. Réalisés pour un public afro-américain avec des acteurs noirs en vedette, ces films, se déroulant le plus souvent à Harlem, connaissent un grand succès populaire ce qui donne l’idée à Stan Lee, toujours à l’affut d’un bon coup, de confier à son héros noir ses propres aventures. Il était temps car la société américaine avec des mouvements comme le Black Power n’avait pas attendu Stan Lee pour revendiquer une place plus importante pour le peuple noir américain. Le mérite de Stan Lee est d’avoir créé celui qui est reconnu comme étant le 1er super-héros noir par ordre d’apparition. Très vite il y en aura d’autres chez Marvel notamment le célèbre Faucon (partenaire de Captain America), Luke Cage alias Powerman,  Blade le chasseur de vampires, mais aussi Black Goliath, jusqu’à Tornade (Storm) ou Bishop dans la série X-Men.

jungle_actionDans ce 1er volume nous retrouvons donc les premiers récits écrits par Don Mc Gregor et dessinés par Rich Buckler et Billy Graham, ce dernier étant, à l’époque, un des rares dessinateurs noirs de comics. Il y a même un épisode dessiné par le talentueux Gil Kane ! Ambiances de terreur avec de nombreuses évocations de la sorcellerie africaine et du culte vaudou, découpage audacieux, violence prégnante tout au long du récit, le pauvre T’challa devant lutter contre bien des ennemis maléfiques dont l’horrible Venomm ou le brutal Killmonger, tout cela fait de Black Panther un comics vraiment à part. Il y a même quelques audacieuses scènes d’un érotisme sous-jacent, rare à cette époque dans les comics US. Même les quelques rares lectrices des années 70 devaient frissonner à la vue des (nombreuses)  planches où le musculeux héros apparait avec son beau costume noir tout déchiré !

black_panther_couvA conseiller uniquement aux aficionados des super-héros. Un conseil, si vous êtes fan, ne tardez pas car je ne pense pas que celui-ci sera réédité.

Black Panther 1966 – 1975 par McGregor, Buckler et Graham, Panini comics

Jeff


Corben va redonner du muscle à Angoulême !

Passer de Cosey à Corben ! Il fallait oser… Donc le président du prochain salon 2019 sera le grand dessinateur américain Richard Corben, spécialiste de la bande dessinée fantastique et de science-fiction. Plutôt sympa ça ! J’attends impatiemment de découvrir l’affiche de l’année prochaine avec la censure qui revient en force… Au moins il devrait y avoir une belle expo rétrospective et puis voir Corben en festival, j’avoue que c’est rare.

creepyComme beaucoup j’ai découvert Corben dans les pages du mensuel Métal Hurlant à la fin des années 70 et j’en suis encore à me demander après tant et tant d’années (clin d’œil à François Béranger, pour ceux qui connaissent) comment il pouvait dessiner de cette façon. Corben a inventé le dessin en 3D en couleur et sans les lunettes ! Dès les premières pages de Den, sa série la plus connue, nous nous retrouvions plongés dans un univers fantastique et violent où évoluait un personnage chauve et bodybuildé entouré en permanence d’accortes femelles très « en formes » et peu farouches. Avec Corben, c’est toute l’Heroic-Fantasy qui prendra de nouvelles couleurs. Sorte de Frazetta protéiné, il fait découvrir au public français, à travers son travail, Poe, Lovecraft ou Robert E. Howard. J’étais admiratif de son travail et me suis mis à chercher toute ses publications, certains albums étant particulièrement difficiles à dénicher car tirés à peu d’exemplaires par de petits éditeurs. J’étais toujours heureux de le lire au hasard des pages de Creepy ou l’Echo des savanes special USA et je lui dois de m’avoir fait aimer l’univers des grands auteurs américains de littérature fantastique. Seulement voilà, le style de Corben ayant très peu évolué, je m’en suis lassé au fil des années. Aujourd’hui donc Corben est bombardé président du prochain festival d’Angoulême et je m’en réjouis car, à travers lui, c’est toute la bande dessinée américaine fantastique qui est récompensée. Même si j’eusse préféré que l’on nommât (wouah !) Bernie Wrightson. Ceci dit, vivement cette belle exposition rétrospective de son œuvre !

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Et je profite de cette chronique pour passer un coup de gueule envers la plupart des chaines infos qui semblent se rappeler que la bande dessinée existe une fois l’an quand arrive le festival d’Angoulême. D’une :  il y a d’autres grands festivals bien plus intéressants que celui-ci (par exemple St Malo ou Amiens). De deux : la situation de la plupart des auteurs mérite que l’on s’y attarde un peu plus que 3 mn en fin de JT. De trois : rien n’est plus télégénique qu’une case de bande dessinée agrandie à l’écran et rien n’est plus intéressant qu’un artiste à qui on donne un peu de temps pour parler de son œuvre et ça les chaines TV ne l’ont toujours pas compris. Après ils s’étonnent que nous allons tous sur Internet et délaissons la télévision…

Jeff

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Un « Spirou par… »-ci, un Ptirou par-là

Depuis que les éditions Dupuis ont décidé de confier leur personnage emblématique Spirou a des duos d’auteurs, les adaptations se suivent avec plus ou moins de réussite. On a encore en tête l’excellent opus de Frank Pé et Zidrou et je guette avec toujours autant d’intérêt chaque nouvel album. Ici ce sont donc Laurent Verron et Yves Sente qui s’y collent. Laurent Verron a laissé les gags de Boule et Bill pour s’atteler à ce projet qui lui a pris près de 3 ans. Et à la lecture de l’album on comprend pourquoi, chaque planche fourmillant de détails et de somptueux décors.

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Ici c’est aux sources de la création du personnage que le scénariste Sente nous propose de remonter, lorsque son créateur originel Rob-Vel  (Spirou est apparu en 1938) était encore steward sur un paquebot. Nous sommes donc en 1929, Robert Velter (le vrai nom de Rob-Vel) fait la connaissance d’un mousse de sonnerie, c’est comme cela que l’on appelle les petits gars en uniforme rouge qui s’affairent sur les paquebots. Le garçon a pour surnom Ptirou, il s’est embarqué clandestinement sur le paquebot suite au décès de sa mère, une acrobate de cirque avec qui il partage un numéro. Ptirou va connaitre, au cours de cette traversée, de nombreuses sensations : frisson de  l’aventure, peur, colère, amour aussi… Il va faire la connaissance d’un aviateur ressemblant comme deux gouttes d’eau à Clark Gable et de tout l’équipage du paquebot notamment Le capitaine ainsi que le patron de la compagnie maritime et sa fille. L’occasion pour les auteurs de nous faire découvrir l’univers des grands transatlantiques de l’époque avec beaucoup de documentation. Marqué à jamais par la rencontre avec ce personnage singulier, Rob-Vel s’en inspirera plus tard pour créer le fameux Spirou. Bien entendu, cette histoire est imaginaire mais on sait que Rob-Vel a déclaré avoir été marqué par ces petits mousses au costume si particulier, donc après tout…

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Le dessin de Verron, plus réaliste que d’habitude, est impressionnant de précision. Son trait nerveux et charbonneux crée des ambiances très réussies et nous plonge avec tout autant de plaisir dans la crasse et la fumée des salles de machines que dans les salles de restaurants. A ce propos, je ne peux que vous recommander la version en noir et blanc proposée par Canal BD et tirée à 1500 exemplaires où le travail de Verron apparait dans toute sa splendeur. Une belle réussite réalisée avec sensibilité et talent.

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Il s’appelait Ptirou par Sente et Verron, éditions Dupuis.

Jeff