Festival de la BD

3ème édition

A LIRE : NUMERO SPECIAL TANIGUCHI – LES INROCKS

Un numéro spécial des Inrocks à ne pas manquer !

INROCKS

Jiro Taniguchi & le manga d’auteur aujourd’hui

Alors que le Festival international de la BD d’Angoulême propose une grande rétrospective de l’œuvre de Jiro Taniguchi, les inRocKuptibles consacrent un hors-série à celui qui a fait découvrir et popularisé le manga d’auteur en France.

A travers portraits, interviews et analyses, ce numéro spécial de 100 pages revient sur son œuvre et sur une nouvelle génération de mangakas qui renouvellent le genre.

 

Entretien avec Jiro Taniguchi…

Jiro Taniguchi vu par Benoît Peeters, Dominique A, son traducteur Patrick Honnoré…

 

A conserver !


Tendance Geronimo

Géronimo

Par Matz et Jef

Rue de Sèvres !

 GERONOMI COUV

Il s’appelait Goyahkla et il était homme-médecine. Goyahkla, « celui qui baille », est Apache. Il a souvent des prémonitions. Il mène une vie paisible avec son clan. Il s’appelait Goyahkla… mais ça c’était avant… Nous sommes en 1850 et son camp est attaqué par des soldats mexicains. Sa femme, sa mère et ses trois enfants sont massacrés. Il s’appellera désormais Géronimo et n’aura qu’un seul objectif, la vengeance. Il va réunir les différentes tribus apaches ; les grands chefs Cochise, Juh, Mangas Coloradas le suivent. Ce sont les Mexicains qu’ils vont mettre en déroute qui lui trouveront son nom : les survivants en s’enfuyant invoquaient saint Jérôme… San Geronimo. Mais la vraie guerre est peut-être plus sournoise, celle des blancs qui s’accaparent les terres sous couvert de collaboration…

GERONIMO SEVRES 1

Le récit d’une figure historique emblématique des luttes indiennes, raconté de main de maître par Matz et superbement illustré par Jef (de magnifiques grandes cases). Un album tendu, haletant. A ne surtout pas manquer.

 geronimo mémoires

Pour être complet, signalons que le chef Apache est à l’honneur en ce moment puisqu’en octobre est sorti chez Delcourt l’excellent roman graphique de Clément Xavier et Lisa Lugrin : Géronimo, mémoires d’un résistant apache.  Le pitch : A Fort Sill dans l’Oklahoma, en 1904, le professeur Barrett, distingué chargé d’éducation, rencontre par hasard, dans une réserve, un certain Go Khla Yeh (« Celui qui bâille »). Ce vieil Indien n’est autre que le très fameux Geronimo, chef apache qui défia longuement les Mexicains et les Américains, forçant l’armée à négocier avec lui — « plus de cinq mille soldats ont été nécessaires pour le mettre hors d’état de nuire ». Barrett décide de recueillir les mémoires du vénérable combattant, désormais emprisonné dans une réserve. Il bataille contre le pouvoir en place pour obtenir l’autorisation de le faire, et écoute avec déférence la parole de l’Indien.

INDEH COUV

Et la semaine dernière, est sorti Indeh, superbe album de 240 pages, chez Hachette, scénarisé par l’acteur Ethan Hawke, qui pour sa première expérience s’en sort plus qu’honorablement avec un récit bien loin des poncifs hollywoodiens (Greg Ruth au dessin). Mais je vous en reparle plus longuement dans une très prochaine chronique.

INDEH 2

Enfin… Ce n’est pas une nouveauté mais pour le plaisir et parce que la couverture est juste ahurissante : Géronimo l’Apache de Giraud…

GERONIMO BLUEBERRY

Corinne


Les Gueules Rouges : Western en pays minier

GR COUV

Associer les gueules noires (mineurs) et les peaux rouges… Audacieux ? Pas tant que ça et le one-shot de Jean-Michel Dupont et d’Eddy Vaccaro est là pour nous rappeler que le Wild West Show, l’incroyable Show monté par Buffalo Bill, a tourné dans notre région au début du siècle dernier.

GR 4

C’est d’ailleurs en lisant un article sur leur passage à Valenciennes que Jean-Michel Dupont, originaire de cette ville, a eu l’idée de départ de son album.

En 1883, William Cody créée le Wild West Show. En 1905, il s’agit de son second déplacement en France. Le spectacle est sans pareil … C’est par ses proportions colossales, ses 800 acteurs, ses 500 chevaux de selle, ses 250 chevaux de trait, ses 80 wagons que Buffalo Bill est tout d’abord inimitable. On perçoit d’ailleurs parfaitement dans l’album Les Gueules rouges que la machinerie est colossale !

GR 1

Jean-Michel Dupont rajoute : « C’est un choc culturel incroyable, non seulement pour les mineurs, mais aussi pour la population de Valenciennes, et d’une manière plus générale de la France et de toute l’Europe où le Wild Wild West a tourné au début du XXe siècle. À l’époque, ces Indiens provoquaient un mélange paradoxal de dédain et de fascination. D’un côté, la mentalité colonialiste les voyait comme des sauvages arriérés et de l’autre, leur fière allure forçait le respect ».

Le pitch : Été 1905. En tournée dans toute l’Europe, le cirque de Buffalo Bill s’arrête à Valenciennes. Un événement considérable pour la population locale et l’occasion pour Gervais, un gamin qui travaille au fond de la mine, d’élargir son horizon. De sa rencontre poignante avec des Sioux du cirque va naître une terrible erreur judiciaire quand ses amis indiens sont accusés d’un meurtre sauvage…

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L’album est passionnant, puisqu’au-delà du récit lié au formidable succès de ce spectacle, le lecteur découvre la vie terrible des mineurs de l’époque, et surtout se retrouve plongé dans une période capitale pour notre histoire : celle de la naissance de la loi sur la laïcité et la séparation de l’église et de l’état.

L’album est passionnant aussi, puisqu’au-delà des prouesses de Buffalo Bill, nous découvrons avec tendresse ce très beau personnage de Gervais, 13 ans, intelligent, courageux, rêveur, qui veut devenir ingénieur et qui dès le lendemain de l’obtention de son certificat d’études, mention très bien, descend à la mine…

Quel magnifique scénario nous offre encore Jean-Michel Dupont ! (scénariste du fabuleux Love in vain).

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C’est à Eddy Vaccaro (Championze) qu’il a confié le soin de mettre en image sa belle histoire. Le dessinateur a décidé de travailler à l’aquarelle et le résultat est bluffant. J’adore le côté faussement naïf qui colle parfaitement à l’histoire de Gervais.

 

Un excellent moment de lecture (studieux en ce qui me concerne, car bien que nordiste, je ne pige pas un mot de patois… J’ai dû parfois me creuser la cervelle !).En tous cas, je lui réserve une place à part dans notre expo 2017 sur le Western en Bd !!!

Corinne

 


Katanga : le duo Nury/Vallée a frappé

 

Ils remettent ça ! Le duo génial de Il était une fois en France est reparti pour une nouvelle série. Il était une fois en France a atteint le million d’exemplaires. Katanga ne devrait pas être en reste, si la série reste du niveau de son tome d’ouverture.

 katanga couv

Compte tenu de la qualité de leur première série, quand j’ai lu sur facebook les premières annonces sur Katanga, je me suis dit : quel challenge pour les deux auteurs ce doit être de repartir pour une nouvelle aventure… Quelle pression vont-ils avoir ne serait-ce que compte tenu du nombre ahurissant de prix et de récompenses obtenus par Il était une fois En France. En fait, je suis certaine que non. On le sent à la parfaite cohésion de cet album. C’est un duo magique. Tu mets Nury et Vallée ensemble et forcément t’auras le meilleur.

 

Bref, vous l’aurez compris, j’attendais l’album avec impatience, d’autant que la période historique concernée est à la fois terrifiante et passionnante – lisez une bio de Patrice Lumumba ou regardez le film Lumumba de Raoul Peck pour vous en convaincre !

KATANGA 1

L’histoire de Katanga : En 1960, après quatre-vingts ans passés sous la domination coloniale belge, le Congo proclame son indépendance ; moins de deux semaines après, la riche province minière du Katanga fait sécession. Le Congo et le Katanga entrent immédiatement en guerre ; au coeur du conflit : la possession des territoires miniers. De nombreux massacres et exodes de civils s’ensuivent. L’ONU impose alors sa médiation et l’envoi de Casques bleus sur place… Dans le même temps, une horde d’ignobles mercenaires est recrutée pour aller libérer les exploitations minières occupées… Et un domestique noir, Charlie, tord le cou au destin en mettant la main sur un trésor inestimable : 30 millions de dollars de diamants… ce qui fait de lui le Noir le plus recherché du Katanga.

 

En 2015, une exposition était consacrée à Nury au festival d’Angoulême. Elle était intitulée : « Fabien Nury, maestro du scénario ». La bien nommée ! Son CV est prestigieux : W.E.S.T, Je suis Légion, Il était une fois en France, Atar Gull, La mort de Staline, Silas Corey. Tous lus, tous adorés.

 

Une fois encore, Nury nous fait cadeau d’un scénario haletant, ficelé, parfaitement maitrisé. Ce qui frappe le plus, c’est l’équilibre parfait entre la dose d’Histoire et le récit imaginé. On savait déjà que Nury était un pro en la matière, depuis Il était une fois en France, me direz-vous ! Sauf que cette fois, on a droit à un petit plus : le cynisme et un gros bonus : un angle particulièrement original.

 

KATANGA 2

 

Un scénario très prenant et terriblement bien ficelé, associé à d’excellents dessins qui nous offrent des personnages charismatiques, une histoire originale et un album tout à fait somptueux.
Le petit plus, c’est l’angle choisi, le cynisme assumé.

 

Le dessin de Sylvain Vallée reste impressionnant. Parfaitement maîtrisé, réussi autant dans les décors – il avoue se documenter beaucoup et cela se sent : nous sommes immédiatement immergés dans son univers, que bien entendu, c’est sa marque de fabrique, dans les tronches incroyables, à la Audiard, qu’il nous propose, ici plus encore que par le passé.

KATANGA 3

 

Pour découvrir ses méthodes de travail, allez faire un tour sur :

#katanga #dargaud #sylvainvallee #fabiennury https://youtu.be/HP1U_ri5hao

Interview particulièrement intéressante !

On restera scotchés par le charisme des personnages de Katanga, et sur ce point précis – il faut une tronche, il faut de la profondeur -, je suis persuadée que la réussite ne peut dépendre que d’une parfaite symbiose entre deux auteurs.

 

On a beau chercher, histoire de ne pas faire groupie… on ne trouve rien à dire à l’album. Juste parfait !

Corinne

 

 

Petit rappel d’histoire pour devenir des pros de la série : à la suite de l’indépendance de la République démocratique du Congo en juin 1960, le Katanga fit sécession du Congo, alors gouverné par Patrice Lumumba en juillet et déclara son indépendance sous l’impulsion de Moïse Tshombe et des milieux d’affaires pro-occidentaux.

katanga lumumba

Patrice Lumumba

Lumumba fut destitué en septembre 1960 lors d’un coup d’État orchestré par Joseph Mobutu. Tshombe fait alors appel à la fois à des mercenaires, dont Tony de Saint-Paul, et l’ex-sous-lieutenant de l’armée française, Bob Denard et au planteur Belge Jean Schramme. Ceux-ci combattront contre les troupes de Mobutu, mais aussi, et surtout, ils tiendront tête aux troupes des Nations unies depuis la fin de 1960 jusqu’à la fin de la sécession, en janvier 1963, épaulés par un unique Fouga Magister rescapé de la force aérienne belge d’Afrique. Leurs équipements hétéroclites, leurs vêtements improvisés et leurs visages souvent dévorés de barbes, les feront surnommer les « affreux » par la population belge qui était restée sur place.

KATANGA HISTOIRE

Les forces militaires sous l’égide des Nations unies menèrent une campagne de deux ans pour réintégrer le Katanga au Congo, conclue par un plan de conciliation national en janvier 1963.

 


L’esprit de Warren – L’intégrale

esprit couverture

Nouvelle intégrale, nouvelle plongée dans l’univers de Luc Brunschwig, au côté de Servain cette fois. Les 4 tomes de la série réunis dans une belle édition intégrale, très sobre, tant au niveau de la couverture que du contenu. Pas de suppléments, mais un prix tout doux, pour un ouvrage indispensable.
Comme pour le Pouvoir des Innocents, dont nous avions déjà parlé ici (http://www.festival-traitdunion.com/?p=3917 ), je découvre complètement la série. Et c’est toujours grâce à son scénariste, Luc Brunschwig, que j’en ai entendu parler. Magie de facebook, où il est possible de rencontrer virtuellement les gens, et de parler de leur travail sans les connaître.
Avant même de m’intéresser au contenu, la couverture me parlait. Ce visage, qui apparaît comme dans un trou de serrure, ce regard déterminé, et ce titre. Nous plongeons dans l’esprit de Warren en observateur impuissant du drame qui va se jouer, voyeur malgré nous, spectateur du meilleur, mais surtout du pire.

Le Pitch : Il prétend s’appeler Warren Wednesday. Il signe ses crimes d’un double « W » sanguinolent tracé sur les murs de ses victimes. Nul n’a jamais vu son vrai visage. Les enquêteurs ne savent de lui que deux choses : Warren ne tue pas au hasard ; Warren est mort, voici 24 ans, exécuté par la justice américaine. Pourtant, il continue de donner la mort. Mais ce soir est le soir de son dernier crime…
Écrit dans la dynamique du Pouvoir des innocents, ce deuxième thriller contemporain de Luc Brunschwig évoque le combat des natifs américains et brosse un portrait sans concession de la société étatsunienne.

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Ce n’est vraiment pas un exercice facile que de donner son avis, son ressenti, sur une BD (ou un livre, un film…), sans spoiler toute l’intrigue. Et c’est d’autant moins évident avec ce type de thriller, où l’intrigue vous prend et ne vous lâche plus de la première à la 224ème et dernière page…
Soyez donc indulgents, d’autant que dans cette histoire, un tueur rôde… Je ne voudrais pas me le mettre à dos !
Une série de meurtres donc, signés de la main d’un tueur mort depuis très longtemps. Qui peut bien les commettre ? Un copieur ? Un « fan » ? Un esprit vengeur, revenu d’entre les morts pour terminer ce qu’il n’a pas eu le temps de finir de son vivant…

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Nous suivons au fil des pages l’histoire de personnages forts, emblématiques. Victimes, tueurs, tour à tour, des ambiances sombres, des pages lumineuses, à l’instar des jours d’une vie.

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Saluons d’ailleurs les mises en couleur, qui collent parfaitement au trait de Servain, ce dernier étant également parfaitement au service du récit. L’ambiance est parfaitement calibrée, pesante, intense. Lourde. A chaque page, cette impression de plonger encore un peu plus loin dans la folie, sans pouvoir arrêter de les tourner, encore et encore.
Au-delà des crimes, des meurtres, il y a des histoires de vie, imbriquées, qui se croisent, pour le meilleur, et souvent pour le pire.
Bien sûr, il y a la descente aux enfers d’une victime. Bien sûr, il y a la cause indienne, et les frictions avec les gouvernements et les hommes blancs.
Mais il y a surtout un déterminisme écrasant. Une réflexion intense sur ce qui fait notre humanité, et ce qui construit notre vie. A quels moments les choix sont-ils personnels ? Quand devient-on impuissant devant sa propre destinée ? Peut-on la changer ?
Autant de questions auxquelles Luc Brunschwig apporte une réponse, le temps de quatre albums. Réponses valables le temps d’un thriller qui mêle les victimes et leurs bourreaux. Et à chacun d’en tirer ses propres réflexions.
Je referme l’album en ayant mal dans la poitrine d’avoir trop retenu mon souffle, et un sentiment ambigu. L’intensité dramatique est présente jusqu’à la dernière case. Le libre-arbitre mis à mal. Et une question lancinante. Qui sont les véritables coupables, qui sont les véritables victimes ?

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A lire d’urgence, donc, pour les retardataires comme moi ! Et profitez-en pour parfaire votre musculature, commencée avec l’intégrale du Pouvoir des Innocents !
L’esprit de Warren, édition intégrale, Brunschwig et Servain, Delcourt

Cindy


PORTRAITS D’HEROINES POUR LA JOURNEE DE LA FEMME A LILLE

A l’occasion de la Journée des femmes le 08 mars 2017, faites appel à votre créativité et célébrez votre héroïne, en participant au concours « Portraits d’héroïnes » avec Catel Muller et Rachèle Bevilacqua.

CATEL

Chacun(e) est invité (e) à représenter son héroïne : une femme qui compte dans votre vie, une personnalité réelle ou fictive, célèbre ou anonyme, rêvée ou rencontrée.

Rendez-vous le 8 mars à la médiathèque Jean Lévy à 15h, pour célébrer avec Catel Muller et Rachèle Bevilacqua nos héroïnes et toutes les femmes ! Dans la joie et la bonne humeur, les deux illustratrices aborderont la vie de femmes qui ont marqué l’Histoire sans être reconnues, et d’autres qui en changeant leur vie ont changé la vie des autres.

Venez nombreux pour célébrez votre héroïne !
* Catel Muller est auteur de romans graphiques. Elle a notamment consacré plusieurs de ses ouvrages à des figures féminines : Olympe de Gouges, Joséphine Baker, Kiki de Montparnasse…
Rachèle Bevilacqua, des Editions du Portrait, est une journaliste qui consacre son travail à la question de l’individu.

Rachèle Bevilacqua est la Fondatrice des Editions du Portrait, elle consacre son travail à la question de l’individu.

CATEL 2

Lille/Bibliothèque municipale/médiathèque Jean Lévy

32-34 rue Edouard Delesalle
59043 Lille
03 20 15 97 20


Un nain de retard

Nains, tome 5

Tiss du bouclier

NAINS 5 COUV

Retour sur un album que je n’avais pas eu le temps de lire – sorti juste avant le festival de la Bd de Wattrelos 2016.

NAINS 1

Oui, je sais… La série Nains, spin off de Elfes, en est à son sixième tome. Et je vais vous parler du tome 5…  J’ai un nain de retard, j’assume, mais surtout un gros coup de cœur pour le tome 5, Tiss du Bouclier. La série connait un succès mérité. Une deuxième saison a d’ailleurs commencé. La qualité des albums, qui égrènent les histoires des différents ordres de Nains ne faiblit pas.

NAINS 3

Nicolas Jarry nous sert des dialogues truculents et un scénario très séduisant. On a droit bien entendu à nos grandes scènes de batailles (et depuis Tolkien on sait à quel point les Nains sont courageux et héroïques !), mais aussi à une histoire pleine d’humanité  et de sensibilité. La lutte de Tiss pour conquérir sa place dans l’armée naine, le destin broyé de son frère, les relations  aimantes de cette fratrie, tendues avec leur père. La détresse de ce même père…  Nicolas Jarry a donné à ce tome 5 une dimension humaine particulièrement intéressante.

Nicolas Demare, secondé par Pierre-Denis Goux, est parfaitement dans le tempo de ce tome un peu à part dans la série et excelle autant dans les scènes épiques que dans les moments intimistes.

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Le travail de Pierre-Denis-Goux – et c’est une fan de Cosplay qui parle – est remarquable ; c’est lui qui définit pour la série l’identité visuelle de chaque tribu, qui dessine les splendides costumes.

 

En conclusion… Un triple bravo pour cette belle réussite

Corinne

Chez Soleil


SHOAH et BD. Une expo pour ne pas oublier….

Au Mémorial de la Shoah à Paris

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Une exposition à visiter, plus que jamais aujourd’hui, en ces temps où la haine est banalisée de tous bords, en ces temps de crise qui rappellent tellement la montée des fascismes annonciatrice de la Seconde Guerre mondiale.

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La mémoire contemporaine réserve une place particulière à la Shoah, un événement sans précédent dans l’Histoire. Le propre de tout événement est d’être historicisé, médiatisé, bref de devenir sujet de fiction. La Shoah ne pouvait y échapper. Non sans prudence, erreurs et tâtonnements mais aussi avec génie, la BD s’est donc emparée de la Shoah.

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C’est ce parcours historique et artistique qui vous est proposé dans ce qu’il est convenu d’appeler le 9e art en interrogeant les sources visuelles de ces représentations, leur pertinence, leur portée et leurs limites. Comment la Shoah a été mobilisée par la fiction, que ce soit dans les comics ou dans la bande dessinée franco-belge avec La Bête est morte ! de Calvo, où le thème est présent dès 1944. Près de 75 ans plus tard, des lignes de force, quasiment une grammaire, se dégagent de ces narrations et de ces représentations dont cette exposition va tenter, pour la première fois, de dresser l’inventaire.

 auschwitz croci

jeudi 19 janvier 2017lundi 30 octobre 2017

Pour suivre l’exposition sur les réseaux sociaux : #ExpoShoahBD

Visites guidées gratuites de l’exposition pour les individuels les jeudis 13 et 27 avril, 11 et 25 mai, 8 et 22 juin, 27 juillet 2017 de 19h30 à 21h. Sans réservation préalable.

https://www.youtube.com/watch?v=wyLJJKPRO8g

 


Sattouf : une jeunesse Syrienne

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Enfin j’ai eu le temps de le lire ! Sortie en octobre 2016, le tome 3 de l’Arabe du futur est à la hauteur des 2 précédents. C’est toujours avec grand plaisir que je retrouve le jeune Riad Sattouf et sa famille évoluer dans la Syrie des années 80, celle d’Hafez El-Assad, le père du charismatique Bachar (hum hum) qui lui a succédé comme président en 2000.

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Dans ce tome 3, le blondinet Riad découvre le film Conan le barbare, rêve que son père lui offre un Goldorak géant, fait le ramadan et l’école buissonnière et nous invite à sa circoncision ! L’humour est toujours au rendez-vous mais pas que… En effet, si on en apprend toujours autant sur ce pays et ses habitants, on se rend compte également, à travers cet album, qu’un enfant peut être heureux même en ayant des conditions de vie difficiles, s’il ne se rend pas vraiment compte des dites conditions.

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Qu’il se trouve en France dans la famille de sa mère ou au bled chez son père, Riad est comme tous les enfants de son âge à l’époque où Internet et les jeux vidéo n’existaient pas : il joue et s’évade avec rien. Un simple bâton devient une épée, mais gare à celui de l’instituteur qui peut s’abattre à chaque instant sur les doigts des élèves terrorisés. Sattouf nous dépeint l’univers de son enfance avec précision et beaucoup de tendresse. On rit, on plaint aussi parfois cette famille alors qu’ils semblent s’aimer beaucoup même si les relations entre le père et la mère sont souvent tendues et que celles des deux petits frères Sattouf quasi inexistantes. Comme ça se lit toujours aussi bien, on attend la suite avec impatience.

Jeff

L’arabe du futur 3 par Riad Sattouf Allary éditions