Festival de bande dessinée Wattrelos

4ème édition 6 et 7 octobre 2018

Retour sur un sourire

Je dois vous faire une confidence : je n’aime pas les clowns. Pas plus que les cirques d’ailleurs. Souvenirs diffus d’une petite fille avec son grand-père, confrontée au dénuement d’un cirque venu se frotter au public campagnard.

Dès lors, ce n’était plus le large sourire dessiné sur le visage du clown, mais la résignation dans son regard qui m’a poursuivie. Gravé à jamais dans ma mémoire.

En revanche, j’aime beaucoup Luc Brunschwig. Chacun des albums lus jusqu’à présent a laissé un souvenir mémorable. Marquant. Des émotions fortes.

Luc Brunschwig d’un côté, un clown de l’autre. Attirance pour les scénarii d’un côté, répulsion du personnage de l’autre, telles les pôles d’un aimant.

Et il y aussi Laurent Hirn, dont j’avais hâte de voir une autre facette du travail, après l’avoir découvert dans « Le Pouvoir des Innocents ».

L’aiguille a oscillé, la balance a basculé. Et comme Futuropolis a sorti une belle intégrale, j’ai craqué. (et en plus, il y a un chat sur la couverture)

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« Le sourire du clown, c’est l’histoire de Grocko et Clock, deux clowns quinquagénaires, qui n’ont jamais réellement connu le succès. Depuis des années, ils transportent, de villages en petites cités de banlieue, leur spectacle de rue, gagnant leur vie, vaille que vaille, menant pourtant toujours à bien la minuscule mais valeureuse mission qu’ils se sont fixée : apporter un peu de rire et d’émotion là où ils passent. Leur tournée les a menés jusqu’à la cité des Hauts-Vents, un labyrinthe de tours HLM, en marge d’une petite ville industrielle, où règne tristesse et mélancolie. C’est là que se termine le voyage des deux complices. Grocko est assassiné d’une balle dans la tête, tirée par une mère de famille sans histoire, dans un accès de folie, sous les yeux de son fils Djin, âgé de huit ans, qui suivait depuis peu le clown comme son ombre. Un an plus tard, Djin, sans père et privé de mère, revient à la cité des Hauts-Vents avec son oncle et sa tante. Profondément traumatisé par le crime de sa mère, il ne parle plus, son visage s’est figé. Il est totalement inexpressif, il semble ne plus rien ressentir, il est sans vie. »

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Le sourire du clown, c’est une tragédie en trois actes, et autant de tableaux. La foi s’oppose au rire, la violence à la vie, le chômage à l’espoir. Personnages invisibles et pourtant si présents, les immeubles de bétons écrasent leurs habitants, leur barrent la route, et l’accès à la vie de la « ville ».

Au milieu de cette fourmilière, deux clowns, un prêtre, des fidèles, des gens… et une lutte du quotidien, pour survivre, pour garder la maîtrise, le pouvoir sur sa vie, sur celle des autres.

Les rues abolissent les frontières du bien et du mal, chacun tirant la couverture à soi, par le rire, par la colère, par la peur.

Au milieu de cette cohue, un ange, ou peut-être un démon. Muet depuis le « terrible accident », Djin revient aux Hauts Vents, et découvre que le temps n’a pas fini de cicatriser les blessures infligées à la cité, et qu’une petite étincelle peut rouvrir les fractures profondément.

La révolte gronde dans la cité, et les pompiers s’avèrent parfois être de grands pyromanes…

Sourire_du_Clown_FuturopolisComme d’habitude, les personnages de Luc sont ciselés, personne n’est tout blanc ou tout noir. Chacun révèle ses parts d’ombre, et les motivations personnelles des uns et des autres s’accordent plus ou moins dans un projet d’ensemble. Et de se poser la question : la fin justifie-t-elle toujours les moyens ? Sans misérabilisme, il dépeint la vie d’un quartier « sensible », le quotidien de ses habitants, entre chômage, violence et religion.

Le sourire du clown, intégrale par Luc Brunschwig et Laurent Hirn, Futuropolis

Cindy

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Le noir lui va si bien !

Ce qui est bien avec les intégrales Marvel Comics de Panini c’est que l’éditeur profite à chaque fois de la sortie d’un nouveau film pour nous proposer un volume consacré au personnage. Avec Black Panther il s’agit de la réédition inespérée des comics de la série Jungle Action où l’on retrouve ce bon vieux T’Challa !

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Au menu le lecteur sera tout surpris de découvrir le Fantastic Four 52 qui voit la première apparition du roi du Wakanda, dessinée par l’immense Jack Kirby. Histoire qui, bien entendu, figure déjà dans un des volumes consacrés aux FF mais pourquoi pas… Le problème c’est qu’il n’a pas grand-chose à voir avec la suite. Apparu au milieu des années 60, il faudra attendre une dizaine d’années pour que La panthère noire ait enfin sa propre série, et encore au sein d’un comics titré Jungle Action featuring… La célèbre de la maison des rêves (c’est ainsi qu’on surnomme la Marvel comics Group à l’époque) ne croyant pas trop au succès du personnage, les premiers numéros de Jungle Action sont consacrés à Tharn, un sous-sous Tarzan, mais à partir du n°6 c’est donc Black Panther qui est mis en vedette sur la couverture. Il faut dire que le milieu des années 70 est très important pour la MCG, la censure est moins regardante et l’on verra apparaitre des titres comme Tomb on Dracula, Frankenstein, Ghostrider, Werewolf by night… Et surtout La Blaxploitation cartonne au cinéma, le film Shaft ayant été un des détonateurs du succès. Réalisés pour un public afro-américain avec des acteurs noirs en vedette, ces films, se déroulant le plus souvent à Harlem, connaissent un grand succès populaire ce qui donne l’idée à Stan Lee, toujours à l’affut d’un bon coup, de confier à son héros noir ses propres aventures. Il était temps car la société américaine avec des mouvements comme le Black Power n’avait pas attendu Stan Lee pour revendiquer une place plus importante pour le peuple noir américain. Le mérite de Stan Lee est d’avoir créé celui qui est reconnu comme étant le 1er super-héros noir par ordre d’apparition. Très vite il y en aura d’autres chez Marvel notamment le célèbre Faucon (partenaire de Captain America), Luke Cage alias Powerman,  Blade le chasseur de vampires, mais aussi Black Goliath, jusqu’à Tornade (Storm) ou Bishop dans la série X-Men.

jungle_actionDans ce 1er volume nous retrouvons donc les premiers récits écrits par Don Mc Gregor et dessinés par Rich Buckler et Billy Graham, ce dernier étant, à l’époque, un des rares dessinateurs noirs de comics. Il y a même un épisode dessiné par le talentueux Gil Kane ! Ambiances de terreur avec de nombreuses évocations de la sorcellerie africaine et du culte vaudou, découpage audacieux, violence prégnante tout au long du récit, le pauvre T’challa devant lutter contre bien des ennemis maléfiques dont l’horrible Venomm ou le brutal Killmonger, tout cela fait de Black Panther un comics vraiment à part. Il y a même quelques audacieuses scènes d’un érotisme sous-jacent, rare à cette époque dans les comics US. Même les quelques rares lectrices des années 70 devaient frissonner à la vue des (nombreuses)  planches où le musculeux héros apparait avec son beau costume noir tout déchiré !

black_panther_couvA conseiller uniquement aux aficionados des super-héros. Un conseil, si vous êtes fan, ne tardez pas car je ne pense pas que celui-ci sera réédité.

Black Panther 1966 – 1975 par McGregor, Buckler et Graham, Panini comics

Jeff


Corben va redonner du muscle à Angoulême !

Passer de Cosey à Corben ! Il fallait oser… Donc le président du prochain salon 2019 sera le grand dessinateur américain Richard Corben, spécialiste de la bande dessinée fantastique et de science-fiction. Plutôt sympa ça ! J’attends impatiemment de découvrir l’affiche de l’année prochaine avec la censure qui revient en force… Au moins il devrait y avoir une belle expo rétrospective et puis voir Corben en festival, j’avoue que c’est rare.

creepyComme beaucoup j’ai découvert Corben dans les pages du mensuel Métal Hurlant à la fin des années 70 et j’en suis encore à me demander après tant et tant d’années (clin d’œil à François Béranger, pour ceux qui connaissent) comment il pouvait dessiner de cette façon. Corben a inventé le dessin en 3D en couleur et sans les lunettes ! Dès les premières pages de Den, sa série la plus connue, nous nous retrouvions plongés dans un univers fantastique et violent où évoluait un personnage chauve et bodybuildé entouré en permanence d’accortes femelles très « en formes » et peu farouches. Avec Corben, c’est toute l’Heroic-Fantasy qui prendra de nouvelles couleurs. Sorte de Frazetta protéiné, il fait découvrir au public français, à travers son travail, Poe, Lovecraft ou Robert E. Howard. J’étais admiratif de son travail et me suis mis à chercher toute ses publications, certains albums étant particulièrement difficiles à dénicher car tirés à peu d’exemplaires par de petits éditeurs. J’étais toujours heureux de le lire au hasard des pages de Creepy ou l’Echo des savanes special USA et je lui dois de m’avoir fait aimer l’univers des grands auteurs américains de littérature fantastique. Seulement voilà, le style de Corben ayant très peu évolué, je m’en suis lassé au fil des années. Aujourd’hui donc Corben est bombardé président du prochain festival d’Angoulême et je m’en réjouis car, à travers lui, c’est toute la bande dessinée américaine fantastique qui est récompensée. Même si j’eusse préféré que l’on nommât (wouah !) Bernie Wrightson. Ceci dit, vivement cette belle exposition rétrospective de son œuvre !

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Et je profite de cette chronique pour passer un coup de gueule envers la plupart des chaines infos qui semblent se rappeler que la bande dessinée existe une fois l’an quand arrive le festival d’Angoulême. D’une :  il y a d’autres grands festivals bien plus intéressants que celui-ci (par exemple St Malo ou Amiens). De deux : la situation de la plupart des auteurs mérite que l’on s’y attarde un peu plus que 3 mn en fin de JT. De trois : rien n’est plus télégénique qu’une case de bande dessinée agrandie à l’écran et rien n’est plus intéressant qu’un artiste à qui on donne un peu de temps pour parler de son œuvre et ça les chaines TV ne l’ont toujours pas compris. Après ils s’étonnent que nous allons tous sur Internet et délaissons la télévision…

Jeff

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Un « Spirou par… »-ci, un Ptirou par-là

Depuis que les éditions Dupuis ont décidé de confier leur personnage emblématique Spirou a des duos d’auteurs, les adaptations se suivent avec plus ou moins de réussite. On a encore en tête l’excellent opus de Frank Pé et Zidrou et je guette avec toujours autant d’intérêt chaque nouvel album. Ici ce sont donc Laurent Verron et Yves Sente qui s’y collent. Laurent Verron a laissé les gags de Boule et Bill pour s’atteler à ce projet qui lui a pris près de 3 ans. Et à la lecture de l’album on comprend pourquoi, chaque planche fourmillant de détails et de somptueux décors.

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Ici c’est aux sources de la création du personnage que le scénariste Sente nous propose de remonter, lorsque son créateur originel Rob-Vel  (Spirou est apparu en 1938) était encore steward sur un paquebot. Nous sommes donc en 1929, Robert Velter (le vrai nom de Rob-Vel) fait la connaissance d’un mousse de sonnerie, c’est comme cela que l’on appelle les petits gars en uniforme rouge qui s’affairent sur les paquebots. Le garçon a pour surnom Ptirou, il s’est embarqué clandestinement sur le paquebot suite au décès de sa mère, une acrobate de cirque avec qui il partage un numéro. Ptirou va connaitre, au cours de cette traversée, de nombreuses sensations : frisson de  l’aventure, peur, colère, amour aussi… Il va faire la connaissance d’un aviateur ressemblant comme deux gouttes d’eau à Clark Gable et de tout l’équipage du paquebot notamment Le capitaine ainsi que le patron de la compagnie maritime et sa fille. L’occasion pour les auteurs de nous faire découvrir l’univers des grands transatlantiques de l’époque avec beaucoup de documentation. Marqué à jamais par la rencontre avec ce personnage singulier, Rob-Vel s’en inspirera plus tard pour créer le fameux Spirou. Bien entendu, cette histoire est imaginaire mais on sait que Rob-Vel a déclaré avoir été marqué par ces petits mousses au costume si particulier, donc après tout…

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Le dessin de Verron, plus réaliste que d’habitude, est impressionnant de précision. Son trait nerveux et charbonneux crée des ambiances très réussies et nous plonge avec tout autant de plaisir dans la crasse et la fumée des salles de machines que dans les salles de restaurants. A ce propos, je ne peux que vous recommander la version en noir et blanc proposée par Canal BD et tirée à 1500 exemplaires où le travail de Verron apparait dans toute sa splendeur. Une belle réussite réalisée avec sensibilité et talent.

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Il s’appelait Ptirou par Sente et Verron, éditions Dupuis.

Jeff


Découvrez le film du 3ème festival Trait d’union

Vous l’attendiez avec impatience… Voici le film du 3ème festival de bande dessinée Trait d’union. De bien belles images en couleur… Rendez-vous les 6 et 7 octobre 2018 pour une 4ème édition qui s’annonce très très prometteuse !


Batman file en Suisse

Je commence la première rubrique de l’année par cet album qui est une bonne surprise.

En effet Dargaud s’est associé avec DC Comics pour confier à des auteurs francophones l’adaptation d’histoires mettant en scène leurs personnages. Et à tout seigneur, tout honneur, c’est Enrico Marini qui s’y colle avec ce récit inédit du justicier de Gotham. Pas d’énorme surprise dans la narration, on retrouve bien le style de Marini et l’univers familier du Batman avec ses personnages secondaires : Alfred, Commissaire Gordon, Killer Croc. Le Joker est fidèle à lui-même, plutôt traité de manière classique par Marini, de même que sa copine Harley Queen mais c’est incontestablement avec Catwoman que le dessinateur suisse réussit à nous charmer.

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Son Batman est fidèle à l’adaptation cinématographique, massif comme Ben Affleck dans les derniers films. Sans surprise c’est le Joker qui se taille ici la part du récit la plus importante. Marini se sort plutôt bien d’un exercice de style auquel il a pris visiblement beaucoup de plaisir. Une femme prétend que Bruce Wayne est le père de sa fille. La dite fille sera enlevée par l’ennemi intime de Batman qui va devoir la retrouver et faire toute la vérité sur cette histoire de paternité. Le joker, plus fou et cruel que jamais fera tout pour mettre des bâtons dans les roues de sa bat-moto.

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Il s’agit d’un récit en deux tomes qui plaira assurément à la fois aux fans du super-héros et à ceux de Marini, chacun y trouvera son compte.

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Batman : The dark prince charming T.1 par Marini, Dargaud Editeur

Jeff


Bienvenue à 2018 !

Nous vous souhaitons une année 2018 remplie d’enfants qui dessinent ! Soyez heureux !!

 

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Sous le sapin !

Il fait froid, il neige, on n’a qu’une envie c’est de rester sous un plaid avec un bon chocolat chaud et une bonne BD… Pas de doute, c’est bientôt Noël !

Et bien entendu, les rayons de nos librairies préférées regorgent de nouveautés irrésistibles !

Bien évidemment, la hotte du Père Noël est comme le porte-monnaie de vos parents – votre chérie – votre roudoudou d’amour (rayez les mentions inutiles), et donc, il faut faire un choix !

Alors pour vous aider un peu, je suis allée en repérage, et comme j’ai très bon goût (si, si, rappelez-vous toutes les merveilles que je vous ai déjà fait découvrir 😉 ), vous pouvez piocher dans ma liste les yeux fermés. Enfin, n’oubliez pas de les ouvrir quand même pour en prendre plein les mirettes une fois les paquets déballés !

Ci-dessous, quelques incontournables du rayon jeunesse (tout public), et du rayon « grands enfants ».

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Sorti il y a quelques semaines, après Puzzle, adapté par le dessinateur nordiste Mig,  la seconde incursion du romancier Franck Thilliez dans l’univers de la BD, avec un scénario thriller à destination de la jeunesse : La brigade des Cauchemars.

Le pitch : Freud et Jung étaient d’accord sur ce point : les rêves sont des constructions de symboles qui se décryptent. Prenant ses distances avec les méthodes d’interprétation des deux illustres psychanalystes, le professeur Angus a imaginé une manière tout à fait nouvelle de pénétrer les songes, ou plus exactement les cauchemars. Son but : débarrasser certains jeunes des rêves qui les tourmentent. Son fils Tristan et son ami Esteban, tous deux 14 ans, forment avec le scientifique la « Brigade des cauchemars », un trio capable d’entrer littéralement dans les rêves effrayants des patients pour en découvrir l’origine et la détruire.

De quoi frissonner à l’abri dans sa chambre !

La brigade des cauchemars, tome 1 : Sarah, Thilliez, Dumont, Drac, Jungle, collection Frissons

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La BD jeunesse doudou de l’hiver, c’est Les carnets de Cerise, dont le 5ème et dernier tome, Des premières neiges aux perséides, vient de paraître.

Le pitch ? Cerise, onze ans, vit seule avec sa mère et rêve de devenir romancière. Elle a déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et surtout les adultes. Elle les observe pour tenter de deviner leurs secrets les plus enfouis… Au fil de ses enquêtes, elle a compris à quel point son passé lui manquait et faisait tout pour ressurgir. À travers une correspondance avec sa mère, Cerise va replonger dans ses souvenirs, dans son enfance – des premières rencontres aux premiers mensonges… Ce voyage lui dévoilera le secret de ses carnets et on comprendra enfin pourquoi elle déteste tant que les adultes dissimulent quelque chose…

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai hâte de lire cet ultime tome et  je refermerai le livre avec une petite larme à l’œil ! Les histoires de Cerise sont complètes et peuvent se lire de façon indépendante, même s’il existe une trame commune qui évolue à chaque album.

Les carnets de Cerise, tome 5 : Des premières neiges aux perséides, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Soleil collection Métamorphose

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Noël, c’est aussi le moment de la sortie des jolies intégrales. Et justement, la deuxième intégrale de Seuls débarque en librairie. Seuls, ce monde où les adultes ont disparu et où une bande d’enfants tente de survivre dans un univers sans adulte qui leur est devenu hostile.

Cette intégrale, qui regroupe les tomes 5 à 8, vous permettra de réviser avant la sortie du film au cinéma !

Seuls, l’intégrale tome 2 – Cycle 2, Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, Dupuis

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Côté humour, une sortie au poil : Le loup en slip revient, et il se les gèle méchamment (ben oui, ça reste l’hiver, hein !). Nul doute que ce deuxième tome nous fera rire et retrouver, l’espace de quelques instants, notre âme d’enfant !

Le loup en slip est de retour et pourrait bien redevenir le méchant de l’histoire L’hiver arrive, il neige, il fait froid… Grognon, le loup répète sans cesse qu »on se les gèle’ ! Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ? Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Le loup en slip se les gèle méchamment, Lupano, Itoïz, Cauuet, Dargaud

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Du côté des plus grands, une pléthore de sorties et d’intégrales ! Je n’en retiendrai que quelques-unes, mais nul doute, là encore que votre libraire saura vous aiguiller dans le dédale de ses rayons !

Pour commencer, le traditionnel « beau livre » illustré par Benjamin Lacombe dans la collection Soleil Métamorphose : Carmen.

Le pitch : Carmen est une nouvelle de Prosper Mérimée écrite en 1845, dont a été tiré l’opéra-homonyme, musique de Georges Bizet, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy (1875). L’action se situe en Espagne, à Séville. Arrêtée à la suite d’une querelle, Carmen, bohémienne au tempérament de feu, séduit le brigadier Don José, et lui promet son amour s’il favorise son évasion… Benjamin Lacombe s’est attaché à mettre à l’honneur l’aura de cette femme fatale à travers ses particularités physiques, avec l’envie de la rendre surnaturelle, envoutante, quasi satanique. Il a utilisé des huiles et des gouaches pour les images en couleurs et de l’encre de chine pour les cabochons.

 Alors bon, il vient juste de sortir, je ne l’ai pas encore feuilleté, mais je l’achète les yeux fermés !

Carmen, d’après Prosper Mérimée, illustré par Benjamin Lacombe, Soleil Productions, collection Métamorphose

 

fourneauxIncontournable également dans ma BDthèque, le 4ème opus des Vieux Fourneaux. Une lecture tout en jeux de mots et clins d’œil, remplie de fous rires et toujours de propos militants. Un régal !

Le pitch : Sus à la Magicienne ! Les Vieux Fourneaux reviennent plus jeunes que jamais ! Après une tournée d’été du théâtre du ‘Loup en slip’, Sophie et Antoine rentrent au bercail… pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, qui relancerait l’économie de la région, est menacé… par une mystérieuse ‘magicienne dentelée’ occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c’est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié… Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père…Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l’identité du père de sa fille, Juliette ?

Les vieux fourneaux, tome 4 : La magicienne, Lupano et Cauuet, Dargaud

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Enfin, je vous propose, parmi tous les coffrets et les intégrales des rayons, de rattraper votre retard au rayon fantasy, et de découvrir le coffret de la 1ère saison des Maîtres Inquisiteurs.

6 albums pour découvrir les Maîtres, leurs elfes, et leurs pouvoirs respectifs ! Des enquêtes indépendantes et un complot final à déjouer ! Lisez vite ces six premiers tomes, le premier tome de la 2ème saison vient de sortir !

Le pitch : 1150. Le Chaos, la guerre qui embrasa durant mille ans les terres d’Occitan, prend fin. Alors que les combats masquaient les actes criminels, la paix les dévoile peu à peu. Meurtres, chantages, vols, outrages, vices, conflits commerciaux, apparaissent au grand jour. Pour faire régner la loi et lutter contre le crime, les Mages, artisans de la paix, ont créé un ordre : Les Maitres Inquisiteurs.

Coffret les Maîtres Inquisiteurs, tomes 1 à 6, Collectif, Soleil Productions

Cindy


Un album 5 étoiles !

Enfin il est arrivé !! Mais non, pas le Père Noël, il aurait un peu d’avance, non : le meilleur album que j’ai lu cette année ! Il en a mis du temps c’est vrai, faut dire que j’en avais lu des pas mal avant quand même mais là…

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J’ai craqué pour le tirage limité de « Cinq branches de coton noir », pas par snobisme mais parce que je voulais absolument lire ce récit en ayant sous les yeux le pur trait de Cuzor et que j’ai toujours en tête, quand il s’agit d’histoire de guerre, les bandes en noir et blanc de Kubert, Severin, Jack Davis sans oublier Pratt où les récits complets Impéria. Je ne regrette pas mon achat, même si ce fut dur d’en trouver un exemplaire. Pourtant 1000 albums à 49 euros ça ne devrait pas partir si vite et bien si ! Et c’est amplement mérité. Pas de panique l’édition normale en couleur ne devrait pas tarder, ne la ratez pas celle-là.

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Nous sommes en 1944. 3 soldats noirs américains s’ennuient un peu à l’arrière du front près des côtes anglaises alors que le débarquement en Normandie est imminent. Ils rêvent de faits glorieux ou tout simplement de pouvoir participer à l’assaut final mais ce n’est pas évident pour un soldat noir de se mélanger aux blancs. Pourtant une découverte historique d’un membre de la famille d’un des soldats va bouleverser la donne. Et là le récit nous prend et ne nous lâche plus avant la fin. Sans qu’on s’y attende, on se retrouve plongé à l’époque de Georges Washington et on fait la connaissance de Betsy Ross, couturière indépendantiste connue pour avoir cousu le premier drapeau américain étoilé. Et c’est ce fameux drapeau qui sera l’objet de toutes les convoitises. Je ne vais pas dévoiler la trame du récit que je vous laisserai découvrir. Les auteurs nous emmènent au cœur de la guerre à travers des scènes époustouflantes. Le dessin de Cuzor, merveilleusement efficace, sert admirablement les scènes d’action mais aussi celles, plus intimistes, où l’histoire du peuple noir américain est évoquée sous fond de racisme et de violence. Pourquoi les étoiles du drapeau américain cousues par Betsy sont-elles toutes blanches ? Pourquoi des noirs n’auraient-ils pas le droit de retrouver ce symbole d’une Amérique qu’ils aiment finalement tout autant que les blancs ? Les réponses sont dans cet album magnifique. L’encrage puissant d’un noir hypnotique de Cuzor nous prend à la fois aux tripes et par la main pour nous entrainer avec les soldats dans des paysages enneigés ou des villes dévastées. Le scénario d’Yves Sente, même si parfois certaines ficelles sont un peu plus grosses que d’autres, est très bien construit et nous offre de nombreux rebondissements.

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On se surprend à la lecture de cet album à avoir la bande-son en tête. Les dessins sont tellement forts qu’on entend le bruit des explosions, puis on entend le silence… Une très grande bande dessinée et pas seulement pour son nombre de pages (172). Vivement la version en couleur pour en avoir une autre lecture.

Jeff

5 branches de coton noir par Steve Cuzor et Yves Sente. Edition Dupuis